L’affaire n’en finit plus de faire les gros titres. Et pour cause, depuis décembre dernier, c’est l’une des plus importantes transactions de l’histoire du cinéma qui s’organise. Approchée de toutes parts, Warner Bros a finalement cédé aux avances et envisagé une revente au plus offrant . Le 5 décembre, après avoir reçu des offres d’Universal, Paramount et Netflix, la maison de Batman et Harry Potter a choisi le N rouge de Ted Sarandos. L’annonce a provoqué quelques remous, en particulier chez Paramount Skydance qui avait vu plusieurs de ses offres refusées au cours des dernières semaines. L’industrie culturelle s’inquiète aussi de la potentielle position monopolistique de la plateforme sur le secteur du streaming. La Writers Guild of America, syndicat qui représente les scénaristes d’Hollywood, avait notamment adressé une tribune à ce sujet.
Depuis cette annonce, Paramount a lancé une OPA. Le conseil d’administration a invité ses investisseurs à refuser l’offre de l’entreprise de David Ellison, au profit de celle de Ted Sarandos. L’homme d’affaires américain a lancé une campagne de charme pour rassurer les défenseurs de la salle du cinéma, les investisseurs de Warner Bros et le grand public. Entre la promesse de maintenir le calendrier de sorties de Warner Bros et l’idée d’une offre combinée plus attractive, Netflix veut prouver que son rachat de Warner Bros est une bonne chose pour les consommateurs et l’industrie. Cela n’empêche pas ses détracteurs de commenter la transaction. Ce weekend, la firme a eu un adversaire notable.
“Halte à la mainmise culturelle de Netflix”
Dimanche, Donald Trump a repartagé une tribune en la défaveur du rachat de Warner Bros par Netflix. Sur Truth Social, son réseau, l’actuel locataire de la Maison-Blanche s’est contenté d’un partage de l’article de John M. Pierce baptisé “Halte à la mainmise culturelle de Netflix”. L’avocat pro-Trump, qui a représenté des manifestants du 6 janvier, avance que cette fusion devrait être “traitée comme une priorité absolue en matière de droit à la concurrence, non seulement pour ses conséquences sur le marché, mais aussi pour ce qu’elle représente pour la liberté d’expression et le pluralisme américain”. Il exhorte le ministère de la Justice et la Commission fédérale du commerce à s’emparer du sujet le plus rapidement possible.
John M.Pierce qualifie Netflix d’entreprise qui “a à plusieurs reprises utilisé sa plateforme mondiale pour promouvoir des discours progressistes tout en réprimant les points de vue dissidents. Il est temps de dire non à un monopole médiatique woke avant que les dégâts ne soient irréversibles”. Pierce met en avance l’offre de Paramount Skydance, dont le PDG est un proche de Donald Trump. Selon lui, l’offre de Paramount est plus viable économiquement. Un argument que Netflix avait rejeté, évoquant la multiplicité des fonds.
Donald Trump va mettre les mains dans le cambouis ?
Cette publication n’est pas anodine, elle confirme que POTUS suit l’affaire de très près. Il avait déjà fait part de ses réticences à confier les clés de l’un des studios les plus importants d’Hollywood au leader du secteur. Netflix, malgré toute la confiance qu’elle porte au bon déroulé des opérations, est plus que jamais dans le radar des autorités. Reste que l’intervention de Donald Trump dans le processus inquiète, en ça que le président semble avoir une incidence directe sur la programmation des chaînes de télévision. Selon The Hollywood Reporter, Trump s’est plaint “d’un traitement encore plus déplorable de la part de CBS depuis l’arrivée de David Ellison l’été dernier”.
Quelques jours plus tard, une émission 60 Minutes sur les expulsions brutales de migrants vers une prison salvadorienne était déprogrammée. Selon la rédactrice de chef du magazine télévisuel, diffusé sur CBS (Paramount), ce report est lié à l’impossibilité pour les équipes de livrer pour l’instant un documentaire “impartial et complet”. Il devrait inclure des témoignages déjà sollicités de la Maison-Blanche et/ou du Département de la Sécurité intérieure. Il a tout de même été diffusé dans l’édition canadienne. Si Warner Bros et ses chaînes, comme HBO et CNN, tombent entre les mains de Paramount Skydance, des programmes non appréciés de la Maison-Blanche seront-ils déprogrammés ?
Les prochains jours devraient être cruciaux pour Paramount Skydance. La firme s’est fixé la date du 21 janvier pour encaisser les fonds et se retirer si les investisseurs et les actionnaires ne votent pas en leur faveur. Ensuite, Netflix devra convaincre les régulateurs que s’emparer de Warner Bros ne représente pas un danger pour la concurrence, les emplois à Hollywood et surtout les salles obscures. Netflix et Warner Bros espèrent valider la transaction en 12 à 18 mois. Donald Trump n’a pas répondu aux demandes de commentaires de Deadline sur sa position et sa publication.
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