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Matthew McConaughey protège son image et sa voix comme une marque pour contrer l’IA

Plutôt que d’attendre de découvrir un jour sa voix ou son visage recyclés par une application d’IA, Matthew McConaughey a pris les devants. L’acteur américain a fait enregistrer plusieurs marques portant directement sur son image et ses répliques cultes, histoire de rappeler que son apparence ne s’utilise pas sans autorisation.

Matthew McConaughey n’a visiblement pas l’intention de laisser l’intelligence artificielle improviser à sa place. Ces derniers mois, l’acteur a obtenu l’approbation de huit dépôts de marques auprès de l’office américain des brevets et des marques. Le contenu est très concret : de courts extraits vidéo où on le voit sourire, regarder la caméra ou discuter tranquillement, mais aussi des enregistrements audio.

Il faudra demander l’autorisation avant de cloner l’acteur

L’élément le plus emblématique est sans doute ce fameux « alright, alright, alright », prononcé dans Dazed and Confused et devenu, avec le temps, une sorte de signature sonore. Parmi les autres éléments protégés figurent une courte vidéo de l’acteur debout sur un porche ou encore une séquence le montrant assis devant un sapin de Noël. Des moments anodins en apparence, mais suffisamment reconnaissables pour servir de matière première idéale à des générateurs d’images ou de voix.

En théorie, le droit américain protège déjà les personnalités contre l’appropriation de leur image à des fins commerciales. Mais avec l’IA, la ligne devient moins nette. Une vidéo générée par algorithme, diffusée sur une plateforme et financée par la publicité, vend-elle vraiment quelque chose ? C’est ce flou que Matthew McConaughey cherche à contourner. Ses avocats l’admettent volontiers : si quelqu’un décidait de contester ces marques devant un tribunal, le verdict serait loin d’être garanti. L’objectif est surtout d’envoyer un message clair et de calmer les ardeurs avant même qu’un procès ne devienne nécessaire.

Contrairement à d’autres figures d’Hollywood, Matthew McConaughey n’a rien d’un technophobe. Il est même investisseur dans la société ElevenLabs, spécialisée dans les voix de synthèse, et collabore avec elle pour proposer une version espagnole de sa newsletter « Lyrics of Livin’ ». Autrement dit, l’IA ne lui pose pas problème, tant qu’elle ne s’approprie pas son identité sans frapper à la porte.

Dans un message transmis à la presse, l’acteur résume la philosophie de la démarche : il souhaite simplement savoir que, si sa voix ou son visage sont utilisés, c’est avec son feu vert. « Nous voulons créer un périmètre clair autour de la propriété, avec le consentement et l’attribution comme norme dans un monde dominé par l’IA », explique-t-il. Pas question d’interdire la technologie, mais plutôt de fixer quelques règles du jeu. À terme, l’acteur espère que la loi évoluera et rendra ce type de démarche inutile. Un projet de loi visant à interdire les répliques numériques sans consentement a bien été présenté au Congrès américain en 2024, mais le vote attend toujours son heure. D’ici là, Matthew McConaughey préfère assurer ses arrières.

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