Dans les coulisses du métro parisien, la maintenance change de méthode. Finies, à terme, les inspections à date fixe faites « au cas où ». Place à une surveillance en continue, plus fine, et surtout plus discrète. C’est tout l’enjeu du partenariat lancé entre RATP et la start-up Touch Sensity, qui teste depuis quelques semaines sa technologie Sensity Tech sur une rame de la ligne 13, comme le rapporte Le Parisien.
Une pièce essentielle que personne ne voit
L’idée peut se résumer simplement : surveiller l’état réel des composants pendant que le train roule, plutôt que d’attendre qu’un problème se manifeste ou qu’un contrôle programmé arrive. La vedette de cette expérimentation s’appelle le bogie. C’est le chariot installé sous le train, celui qui porte les roues, les moteurs et les freins.
« Il permet à la fois de rouler, freiner, faire traction. C’est une pièce majeure essentielle pour le train et que personne ne voit jamais », résume Éric Lohier, responsable technique à l’ingénierie du matériel roulant ferroviaire de la RATP. Sur une rame de MF77, Touch Sensity a recouvert ce bogie d’un revêtement pas tout à fait comme les autres. À l’œil nu, rien ne le distingue d’une peinture classique. Pourtant, elle agit comme un capteur géant.
« Cette peinture est capable de détecter toute la zone qu’elle recouvre », explique Mehdi El Hafed, directeur général de la start-up. Pressions, tractions, déformations, fissures ou impacts : tout est enregistré. Reliée à un boîtier, la peinture « remonte » des données plusieurs fois par jour, sans démontage de pièces et sans immobiliser le train. C’est une peinture « sensible » dont les propriétés fonctionnelles changent quand un événement se produit.
Pour la RATP, l’intérêt est très concret car cela va permettre aux techniciens de surveiller le matériel quand le train est en exploitation, et de savoir exactement à quel moment il faut l’envoyer en maintenance. Autrement dit : éviter de bloquer une rame et de monopoliser une voie d’atelier « pour rien ». Autre avantage mis en avant par la régie : la simplicité d’utilisation. Les données sont stockées dans le boîtier embarqué, puis récupérées lorsque le train est à l’arrêt.
L’expérimentation doit durer un an et se terminer au mois de décembre. Durant cette période, les équipes analyseront la robustesse du système en conditions réelles, sa compatibilité avec les procédures existantes et la qualité des informations remontées. Les bénéfices espérés sont connus : moins d’interventions imprévues, une meilleure disponibilité des trains et, potentiellement, des économies de plusieurs semaines sur certains cycles d’inspection.
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