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Phantom MK-1 : Terminator ou soldat du futur ?

Concevoir un robot humanoïde pour un usage strictement militaire n’est plus un tabou. La start-up Foundation Future Industries développe le Phantom MK-1, une machine pensée pour opérer sur le champ de bataille, elle peut être armée et déployée en première ligne.

À première vue, le Phantom MK-1 a tout d’un soldat un peu spécial. Environ 1,75 mètre sous la toise, 80 kilos sur la balance, capable d’embarquer jusqu’à 20 kilos de charge : ses proportions sont volontairement proches de celles d’un humain. L’idée du constructeur Foundation est simple : si un soldat peut passer, le robot aussi. Escaliers, ruines, bâtiments éventrés ou tunnels étroits, rien de très exotique pour un humanoïde contrairement à un drone à roues ou à chenilles.

Un robot pour faire le ménage sur le champ de bataille

Pour le patron de la start-up, Sankaet Pathak, le rôle du Phantom est d’aller là où c’est dangereux, pénible ou franchement risqué. Reconnaissance, déminage, exploration de bâtiments ou de grottes, premières incursions avant l’arrivée des troupes, bref, d’encaisser à la place des humains. « Le futur de la guerre, ce sont des jeux vidéo grandeur nature », résume-t-il en imaginant des champs de bataille où les humanoïdes ouvriraient la voie, les soldats n’arrivant qu’en renfort si nécessaire.

Cette vision tranche avec la prudence affichée des grands noms de la robotique, qui préfèrent parler d’assistance ou d’usages civils. Foundation assume une orientation militaire frontale, tout en rappelant une limite : le robot ne décide pas seul. Pas question — officiellement du moins — de laisser une machine appuyer sur la gâchette sans supervision humaine.

L’autre surprise vient du calendrier. Là où beaucoup peinent à sortir quelques prototypes, Foundation promet une montée en puissance spectaculaire : quelques dizaines de robots cette année, environ 10.000 l’an prochain, et jusqu’à 50.000 unités d’ici 2027. Une cadence très ambitieuse surtout pour des machines aussi complexes, qui n’est peut-être là que pour attirer des investisseurs.

Phantom Mk 1 2
© Foundation

Techniquement, le Phantom MK-1 fait aussi des choix assez sobres. Peu de capteurs sophistiqués, pas de LiDAR, surtout des caméras. Un parti pris destiné à simplifier l’électronique et éviter les problèmes de compréhension entre les sources de données. Les déplacements reposent sur des actionneurs cycloïdaux maison, développés pour offrir de la force, de la souplesse et de la discrétion. Il faut bien pouvoir se déplacer sans trop se faire remarquer.

De vrais petits Terminator en somme, avec leur look entièrement noir, des épaules larges et un visage sans expression. On est loin du compagnon humanoïde sympathique. Sur le plan de l’usage de la force, Foundation insiste : un opérateur humain reste aux commandes. Les armées pourront toujours dire que c’est ainsi que fonctionnent les drones, mais on peut se sentir un peu mal à l’aise devant un tel robot.

L’IA calcule des trajectoires, gère les déplacements, mais la décision finale, tirer ou s’abstenir, revient toujours à un humain. Une manière de rassurer, au moins partiellement, sur les questions de responsabilité. Sankaet Pathak va jusqu’à avancer qu’une armée équipée de dizaines de milliers de robots humanoïdes pourrait dissuader des conflits avant même qu’ils ne commencent.

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