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Mauvaise nouvelle pour des milliers d’automobilistes : cette autoroute gratuite depuis plus de 30 ans, va devenir payante !

Après plus de 37 ans de gratuité, le tronçon de l’autoroute A40 reliant Annemasse à Saint-Julien-en-Genevois va bientôt devenir payant. La décision inquiète sérieusement les habitants de la région et provoque de nombreuses contestations parmi les élus locaux.

Depuis 1987, ce segment de 12 kilomètres constituait une exception dans le paysage autoroutier français. Emprunté quotidiennement par environ 50 000 véhicules, ce tronçon gratuit facilitait particulièrement la vie des travailleurs frontaliers qui se rendent tous les jours à Genève.

Fruit d’un compromis historique entre le département de Haute-Savoie et l’ATMB (Autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc) visant à soutenir l’économie locale et à faciliter les déplacements dans cette zone transfrontalière stratégique, le tronçon va malheureusement redevenir payant. Le décret n°2025-752, publié le 31 juillet dernier, a officialisé la fin de la gratuité avec une mise en application prévue pour le 1er février 2029. Et l’annonce est très mal reçue par les usagers, et par certains élus.

Le flux libre en partie responsable

La fin de la gratuité du tronçon Annemasse – Saint-Julien-en-Genevois s’accompagne d’une modernisation majeure : le péage en flux libre. À partir du printemps 2027, l’ensemble de la section entre Passy et Étrembières, soit 58 kilomètres, passera à un système de péage “flux libre”, c’est-à-dire sans la présence des barrières de péage traditionnelles. Le dispositif est déjà en place sur l’A79, l’A13-A14 entre Paris et le Normandie, et sur l’A4. Prochaine sur la liste, l’A40 va amener avec elle le tronçon jusqu’à présent gratuit, qui deviendra payant à partir de 2009.

Concrètement, les automobilistes pourront circuler sans ralentir ni s’arrêter. Des portiques équipés de caméras et de capteurs vont identifier automatiquement les plaques d’immatriculation ou les badges de télépéage, puis le système calculera le montant dû en fonction du trajet effectué et de la catégorie du véhicule.

Pour payer, les conducteurs auront 72 heures après leur passage, soit en ligne sur le site de l’ATMB, soit par carte bancaire ou en espèces dans un bureau de tabac affilié au réseau Nirio. Pour les retardataires, un avis de paiement sera envoyé par courrier à l’adresse figurant sur la carte grise.

Un coût raisonnable, mais qui peut s’accumuler rapidement

Le tarif du péage à Saint-Julien-en-Genevois a été fixé à 1,80 euro par passage pour un véhicule léger. À première vue, la somme est tout à fait abordable, le tronçon est d’ailleurs relativement court. Mais pour les usagers réguliers, et surtout les travailleurs frontaliers qui effectuent tous les jours des allers-retours vers Genève, la facture peut grimper très rapidement :

Pour un travailleur qui effectue le trajet 20 jours ouvrés par mois, le coût mensuel s’élèverait à 72 euros en aller-retour, soit 864 euros par an. Une dépense non négligeable qui vient s’ajouter au coût du carburant et aux autres frais liés aux déplacements professionnels.

L’ATMB a tout de même prévu un tarif préférentiel pour les abonnés. Avec l’abonnement et le badge de télépéage, le tarif pourrait diminuer de moitié, passant de 1,80 euro à 0,94 euro par passage. Cela représenterait toujours une dépense mensuelle d’environ 38 euros pour les trajets quotidiens.

La réaction des élus et des habitants

Sans surprise, la décision a provoqué l’indignation des élus locaux et d’associations d’habitants. Dans un communiqué commun, les parlementaires de Haute-Savoie et les présidents d’Annemasse agglo et de la communauté de communes du Genevois ont dénoncé “une mesure injuste et brutale”.

Tout d’abord, ils soulignent une inégalité de traitement territorial. Une loi actuellement en discussion prévoit la gratuité des autoroutes urbaines dans un rayon de 50 kilomètres autour de Paris, Lyon et Marseille. Pourquoi alors imposer un péage sur cette portion stratégique du Grand Genève, qui joue un rôle très similaire pour l’agglomération de part et d’autre de la frontière?

Ensuite, ils pointent du doigt le risque d’un possible effet domino sur la circulation routière. De nombreux élus et habitants craignent un report massif du trafic sur les axes secondaires, notamment la route départementale 1206 et les routes genevoises qui sont déjà saturées aux heures de pointe. Ce phénomène pourrait engendrer davantage d’embouteillages, mais aussi de pollution et de nuisances pour les riverains des communes traversées.

Des conséquences environnementales et sociales

Comme le soulignent les élus locaux, l’implantation du péage en flux libre pourrait paradoxalement avoir un effet inverse à celui attendu : alors qu’il est présenté comme une solution écologique permettant d’économiser du carburant et de réduire les émissions de CO2, le péage sur ce tronçon pourrait rediriger une partie significative des automobilistes vers les routes secondaires, qui connaîtront une circulation plus dense, des arrêts plus fréquents aux feux et ronds-points, générant ainsi davantage de pollution.

Sur le plan social, la mesure risque d’aggraver les inégalités territoriales. Les travailleurs frontaliers, déjà confrontés à des coûts de logement parmi les plus élevés de France et à des dépenses de transport importantes, verront leur pouvoir d’achat encore diminué. Pour certains ménages plus modestes, la nouvelle charge pourrait même remettre en question la viabilité de leur situation professionnelle.

Pour les usagers réguliers de cette portion d’autoroute, il est conseillé de se préparer dès maintenant au changement. Pour ceux qui continueront sur le même trajet, la solution la plus économique sera de souscrire à un abonnement télépéage ATMB pour bénéficier du tarif réduit. D’autres usagers se retourneront certainement vers des alternatives moins coûteuses comme le covoiturage, et ceux qui le peuvent opteront pour plus de télétravail.

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