Depuis ce weekend sur les réseaux sociaux, un roman est au coeur d’une vive polémique. Sur Instagram et TikTok, les vidéos appelant au retrait de l’ouvrage de Jessie Auryann se multiplient. Une pétition a été lancée et elle affiche déjà plus de 60 000 signatures. Baptisé Corps à cœur se revendique de “dark romance”, un genre qui met en scène des “relations interdites” et “toxiques” parfois condamnées par la loi ou la morale.
Corps à cœur, écrit suit l’histoire d’une influenceuse érotique au passé trouble qui reçoit un billet d’avion pour la Polynésie française en cadeau. Mélina va tomber sous le charme d’un certain Arkhan qui refuse succomber à ses avances. “Mais Mélina obtient toujours ce qu’elle veut, Arkhan va découvrir, à ses risques et périls, jusqu’où elle est prête à aller pour l’avoir”. Il décrit plusieurs scènes de violences sexuelles sur des enfants, certaines perpétrées par le personnage principal Mélina et d’un point de vue interne.
Une pétition affiche 60 000 signatures
La pétition lancée le 22 février demande son retrait des plateformes de ventes, dont Amazon. On peut lire : “L’ouvrage contient des descriptions et des mises en scène qui entrent en conflit direct avec le cadre législatif français”. La pétition cite notamment l’article 227-23 du Code pénal, qui interdit “d’enregistrer ou transmettre l’image ou la représentation d’un mineur lorsque cette image présente un caractère pornographique”.
Sa créatrice nous explique avoir voulu “alerter sur les failles du système de diffusion actuel pour qu’il respecte les lois protectrices”. Kindle direct-publishing, après examen de l’ouvrage a finalement pris la décision de le retirer de la vente. Un porte-parole indique : “Amazon dispose de règles strictes en matière de contenu et nous exigeons que tous les livres vendus sur Amazon respectent la réglementation en vigueur. Nous enquêtons immédiatement sur tout signalement et retirons les livres non-conformes. Suite à nos investigations, nous retirons le titre en question”.
Pour rappel, le règlement de Kindle direct-publishing stipule interdire : ” la vente des contenus qui diffusent des propos haineux, qui encouragent la maltraitance ou l’exploitation sexuelle des enfants, qui contiennent de la pornographie, qui font l’apologie du viol ou de la pédophilie et qui prônent le terrorisme, ou de tout autre contenu que nous jugeons inapproprié ou insultant”. La plateforme invite les utilisateurs à signaler les contenus qui pourraient contrevenir à ce règlement via la section “signaler un problème”.
Pharos et le procureur de la République saisis
La pétition a trouvé un écho non seulement auprès de ses signataires mais aussi du Député LFI Antoine Léaument. Il indique sur X avoir saisi Pharos et le procureur de la République. “Cette publication contrevient à mes yeux à l’article 227-24 du Code pénal”. Il interdit “de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support un message à caractère violent, incitant au terrorisme, pornographique, y compris des images pornographiques impliquant un ou plusieurs animaux, ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine ou à inciter des mineurs à se livrer à des jeux les mettant physiquement en danger, soit de faire commerce d’un tel message, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur”.
L’autrice, Jessie Auryann, n’a pas répondu à nos sollicitations. Elle s’était fendue d’une mise au point sur son compte Instagram. Ce dernier n’est plus accessible à l’heure où nous écrivons ces lignes. Pour en savoir plus sur le sujet, vous pouvez consulter notre article publié ce matin.
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