Depuis 2019, le Compte Personnel de Formation (CPF) a révolutionné l’accès au permis de conduire : un quart des 1,5 million de candidats en 2025 l’ont financé grâce aux crédits accumulés lorsqu’ils étaient salariés, selon les chiffres du ministère du Travail. Un avantage qui prend fin cette année. Le budget de loi Finances passé en force il y a quelques jours a choisi de trancher dans le vif, en limitant le CPF au permis pour les demandeurs d’emploi uniquement.
La pilule passe mal chez les salariés, alors que le prix moyen du permis B a grimpé de 1 600€ en 2012 à 1 900€ en 2022, dépassant largement le cours de l’inflation. Pour beaucoup, le CPF offrait une aubaine inespérée : à partir de 16 ans, et à condition d’avoir un travail à temps plein, il fallait moins de quatre ans pour financer intégralement un permis de conduire. Rien d’étonnant donc, à ce que le précieux sésame rose représente 23% des formations financées en 2023. Pour beaucoup de jeunes et de moins jeunes, il représente une porte d’entrée indispensable vers le monde du travail, surtout sans les zones rurales.
La loi 2026 va plus loin, puisqu’elle ne fait pas que supprimer le droit au permis pour les actifs. Elle intègre aussi la suppression des 500€ d’aide au permis pour les apprentis, jugée abusive au-delà de 20 ans.
Un CPF centré sur l’essentiel
Cette coupe budgétaire s’inscrit dans un contexte d’austérité généralisé, alors que le CPF peine toujours à s’imposer auprès du grand public. Concrètement, les actifs disposeront toujours du même fonds à disposition pour se former, mais ne pourront plus l’utiliser pour financer leur permis de conduire. Pour beaucoup d’auto-école, la décision est perçue comme une fracture sociale, qui impactera directement les travailleurs et les travailleuses qui ont l’obligation, mais pas forcément les moyens de s’offrir un permis de conduire pour travailler. Aujourd’hui, près d’un million de permis sont délivrés chaque année en France. Un chiffre stable depuis plusieurs années, sans augmentation franche depuis l’ouverture des droits CPF à l’examen. Alors que le gouvernement tranche dans le vif pour éviter les “abus”, les chiffres semblent s’aligner sur une réalité bien différente : les gens ne passent pas leur permis de conduire par “confort” ou “caprice”, mais bel et bien parce qu’ils en ont besoin… que le CPF entre ou non dans l’équation.
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