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Permis de conduire : cette faute éliminatoire pourrait bientôt ne plus l’être

La Sécurité routière planche sur un assouplissement du permis B, où certains stops glissés ne seraient plus automatiquement éliminatoires. Une petite révolution, aux gros enjeux.

Alors que le taux de réussite au permis de conduire stagne sous la barre des 60% depuis une dizaine d’années, l’examen pratique pourrait connaître un sérieux lifting d’ici fin 2026. La Sécurité routière travaille sur une refonte des fautes dites éliminatoires, ces erreurs qui entraînent aujourd’hui un échec instantané, même sans mise en danger immédiate. Au cœur de la polémique : le stop glissé, ce freinage un peu appuyé mais sans immobilisation complète, qui pourrait ne plus condamner automatiquement un candidat pendant l’examen.

Le permis pour les nuls

Derrière ce chantier, un constat pragmatique : les échecs à l’examen du permis de conduire sont nombreux, au point de saturer le système. Environ 93% des candidats recalés commettent au moins une faute éliminatoire, selon les chiffres de la Délégation à la Sécurité Routière, ce qui signifie qu’une seule erreur suffit souvent à tout faire basculer. Chaque échec nécessite une nouvelle place d’examen, alors que les délais s’allongent et que les inspecteurs manquent à l’appel dans de nombreux départements.

Alors que des appels à la simplification du permis émergent depuis déjà quelques années, l’objectif de la réforme est double : fluidifier l’accès à l’examen en réduisant le nombre de recalés pour faute éliminatoire, et mieux coller à la logique européenne, où l’échec est généralement lié à une mise en danger réelle plutôt qu’à un simple manquement formel.

Le stop glissé dans le viseur

Le point le plus sensible du projet concerne l’arrêt au stop. Aujourd’hui, ne pas marquer l’arrêt complet est une faute éliminatoire, conformément au Code de la route, qui impose un arrêt absolu et sanctionne le non‑respect d’un stop par une amende de 135€ et un retrait de 4 points. Le groupe de travail ne remet pas en cause cette règle sur la route : glisser un stop resterait une infraction passible de sanction, avec les mêmes conséquences sur le permis de conduire. Plus concrètement, un stop grillé avec refus de priorité resterait éliminatoire, tandis qu’un stop glissé dans une situation parfaitement sécuritaire, sans piéton ni véhicule à proximité pourrait être reclassé en erreur grave, mais pas automatiquement éliminatoire.

En réduisant le nombre d’échecs automatique, l’administration espère limiter les repassages et dégager des créneaux pour les primo‑candidats. Les auto‑écoles dénoncent depuis des années des délais pouvant atteindre plusieurs mois, qui entretiennent le stress des élèves et les incitent à multiplier les heures de conduite, donc la facture.

Vers la fin des fautes éliminatoires ?

L’assouplissement de certaines fautes éliminatoires pourrait ainsi améliorer le taux de réussite sans baisser le niveau d’exigence sur la sécurité, mais aussi réduire les délais d’attente pour un créneau d’examen, notamment dans les grandes agglomérations, tout en limiter la pression sur les inspecteurs et les candidats. Certains y voient aussi une manière de moderniser un examen souvent jugé trop scolaire, pas assez focalisé sur la capacité du candidat à gérer les risques en conditions réelles.

Le calendrier reste flou, mais le virage semble amorcé. Un groupe de travail réunit actuellement administrations, syndicats d’inspecteurs et organisations professionnelles d’auto‑écoles pour définir précisément quelles fautes pourraient sortir du champ éliminatoire automatique du permis de conduire, et dans quelles conditions. Les premières évolutions pourraient entrer en vigueur d’ici fin 2026, sous forme de nouveaux barèmes.

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