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Smartphone modulaire : Tecno relance un concept qui n’a jamais vraiment pris

À quelques jours de l’ouverture du MWC, le constructeur Tecno a présenté un smartphone modulaire ultra-fin, bardé d’aimants et de modules à connecter. Sur le papier, l’idée fait rêver : un smartphone qui s’adapte à vos besoins. Mais dans les faits, toutes les tentatives ont échoué. Tecno a toutefois quelques arguments en sa faveur.

Très régulièrement, le smartphone modulaire refait surface. Et à chaque fois, il promet la même chose : mettre fin au téléphone figé, donner le pouvoir à l’utilisateur, transformer son appareil au gré des envies. Tecno s’est à son tour prêté à l’exercice. Son concept a un argument choc : une finesse de 4,9 mm pour le smartphone de base. Autrement dit, plus fin qu’un crayon et que la plupart des modèles actuels. L’idée est de partir d’un appareil extrêmement mince, puis de lui ajouter des modules quand le besoin se fait sentir.

Le modulaire, ce serpent de mer du smartphone

Besoin de batterie ? On connecte une Power Bank de 4,5 mm. Envie de meilleures photos ? On fixe un téléobjectif autonome ou une caméra d’action. Le tout tient grâce à une technologie maison mêlant aimants et connecteurs physiques pour l’alimentation. Les données, elles, transitent sans fil, via Wi-Fi, Bluetooth ou ondes millimétriques selon le contexte.

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© Tecno

Même une fois équipé de la batterie additionnelle, l’ensemble reste aussi épais qu’un smartphone classique. Sur le plan du design, Tecno soigne la copie : dos en verre mat anti-reflet, châssis métallique poli, lignes discrètes au dos pour guider l’emplacement des modules. Deux versions sont proposées, l’une argentée aux accents rouges, l’autre grise, plus typée « tech ». Sur le papier, c’est séduisant. Dans la réalité, le modulaire traîne un historique compliqué.

Le rêve du smartphone à la carte ne date pas d’hier. Il y a plus de dix ans, Google planchait sur le projet Ara, un téléphone dont on pouvait remplacer presque tous les composants. Le projet n’a jamais dépassé le stade du prototype. En 2016, LG a tenté l’aventure avec le G5, un modèle semi-modulaire. L’idée : ajouter un module photo ou audio en retirant la partie inférieure du téléphone. L’accueil a été poli… et les ventes modestes.

De son côté, Motorola a misé sur des accessoires magnétiques — batteries, haut-parleurs, projecteurs — à fixer au dos de certains modèles. Là encore, l’innovation n’a pas bouleversé le marché. Pourquoi le modulaire n’a-t-il jamais décollé ? Parce que le smartphone est devenu un objet d’intégration maximale. Plus il est compact, étanche et optimisé, plus il est difficile d’y introduire des éléments interchangeables sans compromis. Et les consommateurs, eux, ont rarement exprimé un besoin massif de transformer leur téléphone en couteau suisse.

Tecno en est conscient : son Modular Phone n’est pour l’instant qu’un concept. Selon Leo Li, responsable produit du projet, il s’agit de « rendre le pouvoir du choix à l’utilisateur » et de ne plus laisser le téléphone défini par son design sorti d’usine. L’idée est belle, mais prendra-t-elle réellement ?

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