Les autorités chinoises veulent clarifier le fonctionnement des systèmes de conduite autonome dits de niveau 3 (L3). Dans cette catégorie, la voiture peut prendre en charge la conduite dans certaines situations, par exemple sur autoroute. mais elle peut aussi demander au conducteur de reprendre le contrôle. Et c’est précisément là que les choses se compliquent parfois.
Si le conducteur ne répond pas, la voiture devra agir seule
Dans le projet de norme publié par le ministère chinois de l’Industrie et des technologies de l’information (MIIT), un nouveau principe est posé : si le conducteur ne réagit pas à une demande de reprise en main, le véhicule devra être capable de se mettre lui-même en sécurité. Concrètement, la voiture devra effectuer ce que les régulateurs appellent une « manœuvre à risque minimal ». Cela peut consister à changer de voie, ralentir progressivement, puis s’arrêter dans un endroit sûr sans bloquer la circulation.
Autrement dit : si le conducteur reste silencieux, ou distrait, la voiture ne pourra pas continuer à rouler indéfiniment. Cette exigence évoque fortement les systèmes de niveau 3 de ceux du niveau 4, qui peuvent fonctionner sans intervention humaine dans certaines conditions. L’industrie automobile tente depuis longtemps de résoudre un casse-tête simple en apparence : que faire quand la machine demande de l’aide et que personne ne répond ? Avec cette règle, la Chine impose une réponse claire.
Le projet de norme prévoit aussi un autre élément important : chaque véhicule autonome devra embarquer un système d’enregistrement des données appelé DSSAD. Ce dispositif fonctionne comme la boîte noire d’un avion. Il enregistre les informations essentielles du système autonome : décisions prises par l’ordinateur, commandes envoyées au véhicule ou encore paramètres de conduite.
En cas d’accident, ces données permettront de reconstituer précisément le déroulement des événements. La Chine avait déjà mis en œuvre une norme nationale pour ces boîtes noires au mois de janvier. Avec le nouveau texte, leur installation deviendrait obligatoire pour les voitures équipées de fonctions de conduite autonome avancées.
Le calendrier est déjà connu. Après la consultation publique lancée le mois dernier, la norme pourrait entrer en vigueur dès le 1er juillet 2027. Les règles seraient contraignantes : les véhicules non conformes ne pourront plus être produits, vendus ou importés sur le marché chinois. Les constructeurs auront toutefois un peu de temps pour s’adapter. Les modèles déjà homologués auront droit à une période de transition de 13 mois pour se mettre en conformité.
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