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«Au profit de la Terre» Blue Origin prépare le lancement de 51 600 satellites en orbite !

L’entreprise spatiale détenue par Jeff Bezos vient de demander à la FCC l’autorisation de lancer 51 600 satellites pour son projet «Sunrise».

Le dossier ne fait que 14 pages, mais il pourrait transformer le visage de notre planète pour des siècles. L’entreprise spatiale Blue Origin, détenue par Jeff Bezos, le milliardaire fondateur d’Amazon, vient de déposer une demande auprès de la FCC, la fédération américaine gérant les communications.

Dans son dossier, elle demande la permission d’envoyer 51 600 satellites en orbite basse. À titre de comparaison, la constellation Starlink, déjà très critiquée pour sa taille, ne compte que 10 000 éléments. Avec ce projet, baptisé « Sunrise », Blue Origin voudrait envoyer des centres de données (les fameux data centers) dans l’espace.

Mettre l’IA dans l’espace

Le programme est motivé par l’expansion rapide de l’intelligence artificielle et ses besoins gigantesques. Pour fonctionner, les modèles génératifs comme ChatGPT, Claude ou Gemini ont besoin de puissances de calcul gigantesques.

Sur Terre, ces centres de données demandent trois ressources précieuses : de la place, de l’énergie et de l’eau, beaucoup d’eau. Mais si Blue Origin arrive à déplacer ces centres de données dans l’espace, la société assure que tous ces problèmes disparaîtraient du jour au lendemain.

L’orbite, nouvelle maison de l’IA

Sur le papier, l’orbite terrestre présente de nombreux avantages pour les centres de données. La place est illimitée (ou presque), les besoins énergétiques seraient couverts par d’immenses panneaux solaires et un rayonnement beaucoup plus puissant que sur Terre. Enfin, l’eau utilisée à outrance sur Terre pour refroidir ces centres de données ne serait plus nécessaire.

En orbite, dans le vide spatial, la température peut descendre à -157 °C à l’ombre (contre 121 °C en plein soleil). Il serait donc aisé de refroidir les composants de ces centres de données, une fois placés dans l’ombre de la Terre.

Avec le projet Sunrise Blue Origin défend un programme « allégeant la pression croissante sur les ressources naturelles aux États-Unis en déplaçant dans l’espace la puissance de calcul, gourmande en énergie et en eau. »

Des dangers évidents

Pour l’heure nous n’avons évoqué que les bons côtés du programme Sunrise, mais depuis sa présentation, l’idée n’a pas manqué de faire réagir, pas toujours dans le bon sens. Beaucoup se questionnent sur l’utilité d’un tel système ou encore sur son impact environnemental.

Envoyer des dizaines de milliers de satellites en orbite a un goût pour la planète, et il n’est pas des moindres. Autre point qui pose question : la capacité de ces centres de données à fonctionner en orbite. Outre les questions éthiques qui entourent ce problème, c’est la faisabilité technique même du projet qui est remise en cause.

Les processeurs seront-ils capables de résister aux immenses delta de température en orbite ? Pourront-ils fonctionner malgré les rayonnements et les tempêtes solaires fréquentes à cette altitude ? Enfin, et c’est sans doute le point le plus important : l’ajout de 50 000 satellites en orbite augmentera significativement le risque de collision et de facto de réaction en chaîne.

Une seule erreur dans le calcul de trajectoire d’un appareil pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l’ensemble de la constellation. Face à tant d’incertitudes, la communauté scientifique demande à la FCC de ne pas accéder à la requête de Blue Origin.

Une demande irréaliste

De son côté l’entreprise se doute qu’elle n’aura pas le droit de lancer 51 600 satellites en orbite dans les 5 à 10 ans, elle en serait techniquement incapable. Mais en demandant autant d’appareils d’un coup, elle espère que la FCC lui en accordera un grand nombre.

Une technique de négociation vieille comme le monde qui consiste à demander beaucoup (trop diront certains) pour être certain de toucher suffisamment. La FCC étudie pour l’heure la question et nous vous tiendrons informés sur Journal du Geek dans les prochaines semaines de sa réponse officielle.

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