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L’IA a trouvé sa prise électrique, et c’est le nucléaire

Amazon prépare un immense campus de centres de données au Texas, à deux pas d’une centrale nucléaire. Un choix qui n’est pas anodin : face à l’appétit énergétique de l’IA, les géants de la tech cherchent désormais des sources d’électricité stables et durables.

Amazon ne fait pas les choses à moitié. Le groupe planche sur un projet de data center à plusieurs milliards de dollars au Texas, juste à côté de la centrale nucléaire de Comanche Peak. L’investissement fera sortir de terre jusqu’à 18 bâtiments répartis sur plus de 400 hectares. Si tout se déroule comme prévu, le chantier pourrait débuter en 2027.

Amazon s’installe au pied du nucléaire

Ce n’est pas un hasard si Amazon a choisi ce terrain. S’implanter à proximité immédiate d’une centrale nucléaire permet de sécuriser un accès direct à l’électricité, sans dépendre entièrement du réseau traditionnel. Un modèle déjà testé ailleurs par l’entreprise, notamment en Pennsylvanie, où elle a acquis un site alimenté par une installation nucléaire.

Le groupe discute également d’autres développements dans la région, où plusieurs projets de data centers et d’infrastructures énergétiques sont dans les cartons. Dans le même temps, Amazon investit dans des technologies nucléaires de nouvelle génération, comme les petits réacteurs modulaires, capables de fournir une puissance importante et continue.

Si Amazon se rapproche du nucléaire, ce n’est pas par hasard. L’intelligence artificielle consomme énormément d’électricité — et surtout, elle en consomme en permanence. Un data center dédié à l’IA peut nécessiter entre 300 et 500 mégawatts, soit l’équivalent d’une ville moyenne. Et ces installations ne peuvent pas s’arrêter : les modèles doivent être entraînés, les services doivent rester disponibles, et les requêtes des utilisateurs arrivent à toute heure.

Dans ce contexte, les énergies renouvelables ne suffisent pas à elles seules. Elles restent indispensables, mais leur production dépend du vent ou du soleil. Pour faire tourner des milliers de serveurs en continu, il faut une source d’énergie stable, capable de produire jour et nuit sans variation. C’est là que le nucléaire reprend de l’intérêt. Les centrales offrent une production constante, avec un facteur de charge élevé et des émissions directes de carbone limitées. Des caractéristiques particulièrement adaptées aux besoins des infrastructures d’IA.

Amazon n’est pas seul à revoir sa copie. Microsoft est sur les rangs également. L’entreprise participe notamment à la relance d’un ancien réacteur nucléaire américain, avec une mise en service autour de 2027. Elle s’intéresse aussi des pistes plus expérimentales, comme la fusion nucléaire, via un partenariat avec Helion Energy. Dans les deux cas, le message est le suivant : acheter de l’électricité ne suffit plus. Les géants du numérique cherchent désormais à sécuriser leur approvisionnement sur le long terme, quitte à s’impliquer directement dans la production.

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Source : DCD

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