Xiaomi ne fait pas les choses à moitié. À Pékin, son patron Lei Jun a annoncé un investissement d’au moins 60 milliards de yuans (7,5 milliards d’euros) dans l’intelligence artificielle sur les trois prochaines années. Une enveloppe pour le moins conséquente, qui confirme que le groupe veut compter parmi les acteurs majeurs du secteur. Le budget dédié à la recherche en IA pour cette année dépasse déjà les 16 milliards de yuans, soit davantage que prévu. « Vous verrez que nous avancerons de plus en plus vite sur de nombreuses technologies clés », promet Lei Jun.
Un modèle IA déjà dans la nature avant son annonce
Avec cette montée en puissance, Xiaomi rejoint sans détour les poids lourds chinois comme Alibaba, Baidu ou Tencent, tous engagés dans une compétition intense autour des modèles d’IA. Mais le terrain a évolué : les chatbots, désormais nombreux, subissent une pression sur les prix. L’heure est donc à autre chose. Ce « quelque chose », ce sont les agents. Des systèmes capables non seulement de répondre, mais surtout d’agir. Réserver un service, gérer des tâches, enchaîner des actions : ces usages consomment davantage de ressources… et ouvrent des perspectives de revenus plus intéressantes.
C’est dans ce contexte que Xiaomi officialise MiMo-V2-Pro. Mais le modèle n’est pas totalement nouveau : il avait déjà été discrètement publié sur la plateforme OpenRouter, où les développeurs ont pu s’en emparer avant même l’annonce officielle. Résultat, le modèle a déjà traité plus de 1.500 milliards de tokens, un volume énorme qui en dit long sur son adoption rapide. MiMo-V2-Pro a été conçu pour propulser des agents autonomes. Xiaomi teste d’ailleurs des applications concrètes, notamment un agent capable d’interagir directement avec un smartphone.
Derrière ce projet, une équipe jeune (25 ans de moyenne d’âge) pilotée par un ancien de DeepSeek. Plus de la moitié des membres sont docteurs ou issus d’universités prestigieuses.
L’ambition du constructeur dépasse largement le cadre des modèles. L’entreprise veut (évidemment) intégrer l’IA dans tous ses produits. Smartphones, objets connectés, voitures électriques : tout doit fonctionner autour d’un même socle technologique, combinant puce maison, système HyperOS et assistant intelligent. La berline électrique SU7 en profite déjà, avec une autonomie portée jusqu’à 900 kilomètres et des fonctions de conduite assistée améliorées.
Cette stratégie a cependant un coût : ces investissements pourraient peser sur les profits du groupe, à court terme. Mais si Xiaomi tient ses promesses, l’argent devrait couler à flot… enfin, si ces modèles IA prouvent leur intérêt et leur valeur.
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