TF1, Canal+, Paramount et Warner Bros ne voient pas les Smart TV et les assistants vocaux d’un très bon œil. Selon Reuters, l’Association des services de télévision commerciale et de vidéo à la demande (ACT) en Europe, a alerté l’Union sur la place grandissante des géants de la tech dans la recommandation de contenus sur téléviseur. Au coeur du débat : les boutons “Accueil” et “Commande vocale” de votre télécommande qui peuvent décider de ce que vous voyez en premier. Sur Fire Stick TV, si vous demandez à voir Twilight, Prime Video sera-t-elle privilégiée alors même que Netflix propose aussi le film ?
Dans une lettre adressée à Teresa Ribera, commissaire européenne à la concurrence, les entreprises du secteur exhortent l’Union européenne à soumettre Google, Amazon et Apple à des règles plus strictes. Elles réclament que ces fournisseurs de services soient désignés comme “contrôleur d’accès” pour être soumis aux règles en vigueur depuis 2023 et la création du Digital Markets Act.
L’ACT explique qu’ “Un nombre limité d’opérateurs acquièrent donc une capacité croissante à influencer le sort de millions d’utilisateurs et d’entreprises en contrôlant l’accès aux audiences et la distribution des contenus”. Concrètement, ce sont les interfaces des Smart TV et les réponses formulées par les assistants vocaux qui sont mises en cause.
Premier point d’accès aux contenus
Avec l’arrivée de la SVoD, les modes de consommation ont radicalement changé. Désormais, il n’est plus question de naviguer entre des chaînes répertoriées dans un ordre validé par le CSA (en France). Les pages d’accueil des Smart TV et autres dispositifs offrent une vue d’ensemble des plateformes et chaînes accessibles d’un clic.
Cet ordre, il est crucial pour les géants du divertissement, car il détermine qui aura l’honneur d’être le premier a attiré l’œil du consommateur. Depuis 2019, les parts de marché d’Android TV, Amazon Fire OS et Tizen OS de Samsung n’ont de cesse de croître. Ils doivent être, selon l’ACT, considérés comme des systèmes d’accès prioritaires et donc être soumis à une surveillance plus importante des régulateurs européens.
“Il est crucial que la Commission désigne les principaux systèmes d’exploitation de télévision comme garants de la concurrence et assure une surveillance adéquate afin de garantir l’équité et la contestabilité”
Il faut dire que trois des entreprises citées par Reuters détiennent leur propre plateforme vidéo. Qu’il s’agisse de Prime Video (Amazon), Apple TV+ (Apple) ou encore de YouTube (Google), les entreprises de la tech ont mis un pied dans le domaine du streaming par abonnement et deviennent donc des concurrents aux acteurs historiques, tels que TF1, Canal+ ou encore Paramount. Les membres de l’ACT redoutent que ces entreprises privilégient leurs propres services au détriment des autres.
Est-ce que vous choisissez vraiment ce que vous regardez ?
La bataille pour le contrôle de la télévision connectée se joue dès l’écran d’accueil. À mesure que Google, Apple et Amazon s’imposent comme intermédiaires incontournables, les groupes audiovisuels européens s’inquiètent de perdre la main sur l’accès à leurs audiences. Ce que vous voyez sur l’écran d’accueil ou le contenu qui vous sera proposé dans le cadre d’une recherche vocale est le nerf de cette guerre pour l’attention. Les entreprises de la tech, qui sont à la fois fournisseur de contenus et interface de visionnage, semblent partir avec un avantage certain. La Commission européenne est en train de se pencher sur la question. Elle confirme avoir reçu la lettre et indique en examiner le contenu.
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