Vous vous souvenez du slogan de Google en 2019 ? L’avenir du jeu vidéo, n’est pas dans une console ? Mais dans du Cloud Gaming avec Stadia ? Ce fameux service qui a fermé en janvier 2023, seulement trois ans après son lancement raté. Visiblement, la firme américaine récidive et, désormais, l’avenir semble être l’IA qui pourrait, carrément, sauver l’industrie du jeu vidéo.
Google pense que l’IA est la solution

C’est au cours d’une récente interview, accordée à GamesIndustry.biz, que Jack Buser, le directeur mondial des jeux chez Google Cloud, dresse un bilan critique sur l’état de l’industrie vidéoludique. Fort heureusement, il nous apporte une solution : l’IA (et celle de Google plus particulièrement, bien entendu).
Pour Buser, l’industrie va mal, et c’est à cause de l’augmentation des coûts de développement. Ce dernier estime que nous avons subi une augmentation de 90% des coûts de production des jeux vidéo depuis 2017. Que le temps pour créer un jeu est de plus en plus long également ! Et, sur ce point, difficile de lui donner tort. On ne développe plus un jeu vidéo en 2026, comme on le faisait en 2017, ou encore comme au début des années 2000.
Là où un studio avait besoin de 50 millions de dollars, trois ans de développement et 200 développeurs pour un très bon jeu AAA, nous sommes désormais sur des budgets autour des 200 millions de dollars, sur au moins cinq à six ans de production et entre 300 et 500 développeurs. Cette évolution est expliquée par l’arrivée des nouvelles technologies, du fait que les jeux peuvent être bien plus réalistes, détaillés et impressionnants. Chose qu’il n’était pas possible de faire à l’époque de la PS1 ou de la PS2 quand tout était que du code pur et dur.
Mais, ne vous inquiétez pas, Jack Buser détient la solution miracle : supprimer toute création et talent humain, pour remplacer par de l’IA générative.
Le temps dans un processus de développement est fortement corrélé aux coûts. Les jours où l’on passait cinq, sept, dix ans à construire un jeu en dépensant des centaines de millions de dollars, c’est terminé. Peut-on revenir à une industrie plus saine où l’on dépense potentiellement des dizaines de millions et où le jeu sort en quelques années ? […] Vous allez voir des innovations dans pratiquement chaque genre de jeu, si bien que les titres seront très différents dans quelques années. Si vous regardez l’évolution du gameplay au fil des ans, ces dernières années, nous sommes un peu dans une boucle où les graphismes ont légèrement progressé, mais le gameplay de base est en grande partie le même que ce que nous avons vécu au fil des ans. […] L’industrie du jeu a connu d’énormes pertes d’emplois parce que le business model est cassé. Et il n’y a pas beaucoup d’outils capables d’atténuer ces menaces aussi puissamment que l’IA.
Pour Buser, l’IA ne doit pas s’arrêter juste à la production du jeu. Pour lui, elle est également la solution miracle pour le marketing, la communication, ou encore pour l’analyse de marché. Pour faire simple, l’IA pourrait aider pour tout faire, de A à Z. Une vision bien triste et inquiétante. Et assez ironique, puisque, justement, l’IA menace énormément d’emplois.
Si l’IA peut clairement aider et permettre à des studios de gagner du temps et de l’argent sur certaines tâches, il serait très triste de voir uniquement des jeux être produits juste avec l’intelligence artificielle. Fort heureusement, plusieurs entreprises, comme Take Two, refusent de laisser l’IA produire de grands titres, comme GTA 6.
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