Pendant que les regards se tournent vers les lignes à grande vitesse françaises ou les trains allemands, un chantier d’une toute autre ampleur progresse plus à l’est. Rail Baltica vise à relier Tallinn, Riga, Kaunas, Vilnius et Varsovie via une ligne ferroviaire moderne, compatible avec les standards européens.
Un projet hors normes qui avance loin des projecteurs
La Lituanie a récemment précisé son calendrier : la connexion de Vilnius à cette grande dorsale ferroviaire est attendue pour la fin de l’année 2033. Une échéance qui concerne notamment la section Kaunas–Vilnius, estimée à environ 2,5 milliards d’euros. Le projet se déroulera en deux temps. D’abord, jusqu’en 2030, l’État doit sécuriser les terrains et lancer les travaux sur l’axe principal nord-sud. Ensuite, il s’agira d’achever la ligne et d’intégrer pleinement Vilnius au réseau Rail Baltica.
Concrètement, cela passe par une opération logistique d’ampleur : environ 2.500 parcelles à acquérir, 1.700 hectares concernés et plusieurs centaines de bâtiments à intégrer dans le projet. Les premiers rachats de terrains pourraient démarrer dès 2027 dans certaines régions. Les travaux lourds, eux, sont attendus à partir de 2028 : construction de la ligne, connexions régionales, systèmes électriques et gestion du trafic.
Rail Baltica ne se limite pas à un projet national. Il fait partie du réseau transeuropéen de transport et vise à intégrer pleinement les États baltes au système ferroviaire européen. Aujourd’hui, les infrastructures locales restent en grande partie héritées d’un autre standard, ce qui complique les liaisons directes. À terme, les trains de passagers pourraient atteindre jusqu’à 249 km/h, avec des temps de trajet fortement réduits entre les grandes villes de la région. Le réseau sera aussi utilisé pour le transport de marchandises, avec des trains circulant jusqu’à 120 km/h.
L’Union européenne avait fixé 2030 comme horizon pour les grands axes du réseau. Une échéance jugée peu réaliste par la Cour des comptes européenne, qui estime que Rail Baltica ne sera probablement pas terminé à temps. La question du financement reste également centrale. Sur les 5,6 milliards d’euros nécessaires pour la première phase en Lituanie, 1,6 milliard est déjà sécurisé, en grande partie grâce aux fonds européens. De nouvelles négociations avec Bruxelles sont attendues pour boucler le budget.
La ligne est aussi conçue pour faciliter la mobilité militaire, dans le cadre des priorités de l’Union européenne et de l’OTAN. Ce n’est pas innocent alors que l’ombre de la Russie plane.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.