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Le missile MICA NG : pourquoi il propulse le Rafale vers de nouveaux sommets ?

À plus de Mach 1, la chaleur peut rendre une cible presque invisible. Pourtant, le nouveau missile MICA NG des Rafales français est parvenu à verrouiller sa cible lors d’un essai inédit mené par la France.

Quand un Rafale est en vol supersonique et passe le mur du son, la température autour de ses missiles monte en flèche. C’est ce qu’on appelle l’échauffement aérodynamique. Lors de tests pour la mise en conformité d’un nouveau type de missile, c’est cette étape qui est la plus sensible et, surtout, la plus à risque.

La Direction générale de l’armement (DGA) vient pourtant de confirmer le succès du premier tir du missile MICA NG (Missile d’Interception de combat et d’autodéfense de nouvelle génération) depuis un Rafale en vol supersonique. Il s’agit du deuxième tir de développement du MICA NG, mais bien du premier en conditions supersoniques. Les essais ont été réalisés sur le site Méditerranée de la DGA, sur l’Île du Levant, en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Comme introduit en début d’article, le vol supersonique est particulièrement risqué pour l’intégrité des missiles. La chaleur ambiante brouille la scène thermique, rendant la cible indiscernable pour l’autodirecteur infrarouge, qui permet ainsi de guider le missile grâce à la signature de chaleur de la cible. Les ingénieurs étaient inquiets quant à la réussite des tests en conditions supersoniques, qui visaient notamment à prouver que le capteur infrarouge du MICA NG peut verrouiller sa cible avec précision, même dans un environnement de chaleur extrême.

“Plus cette température est élevée, plus le contraste entre la cible d’intérêt et le fond de l’image sera faible et plus l’autodirecteur peinera à la détecter”, explique la DGA. “Cet essai a permis de valider les capacités de l’autodirecteur infrarouge du Mica NG dans ces conditions.”

MICA vs MICA NG : quelles différences ?

Pour un non-initié à ces technologies militaires, tous ces termes peuvent sembler assez nébuleux. Le plus important à savoir, si on ne veut pas trop rentrer dans les détails, c’est que le MICA NG “permettra de faire face aux menaces actuelles et futures et de conserver la supériorité opérationnelle dans des espaces aériens contestés”.

Les Rafales français sont, depuis leur entrée en service au milieu des années 2000, équipés de missiles MICA. Deux versions étaient alors produites, à savoir une version par guidage infrarouge (IR) et une par guidage électromagnétique (EM).

Avec le MICA NG, on reste sur le même dispositif, mais bien sûr amélioré et avec des capteurs de technologie bien plus avancée. La nouvelle version IR dispose ainsi par exemple d’une matrice de capteurs haute-définition, plus sensible et plus résistante aux contre-mesures, comme des leurres thermiques.

Des retards, mais beaucoup de promesses

Mais la principale nouveauté de cette nouvelle génération, c’est le propulseur bi-pulse. Le moteur peut être rallumé en plein vol, augmentant l’énergie du missile en phase terminale. Cela a pour effet direct d’augmenter la zone de non-échappement, mais aussi d’offrir une agilité accrue au missile pour lui permettre d’intercepter des cibles très agiles, comme des drones. “Doté de performances accrues, notamment grâce à son propulseur bi-pulse et à ses autodirecteurs électromagnétiques et infrarouges, le Mica NG permettra au Rafale de traiter tous types des menaces, actuelles et futures. “

Les premières livraisons étaient initialement prévues à 2026, mais ont dû être repoussées à 2030 en raison de retards de développement. La France pourra ainsi maintenir l’avantage opérationnel du Rafale face à la concurrence, mais aussi s’en servir comme argument commercial et diplomatique de poids pour l’industrie de défense française.

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