Le « Super Game » de Sega restera probablement comme l’un des projets les plus flous de ces dernières années. Annoncée en 2021, l’initiative devait représenter le futur du groupe japonais. Sega parlait alors de « jeux mondiaux à grande échelle », de fonctionnalités en ligne, d’écosystème connecté et d’expériences capables de dépasser le simple cadre du jeu vidéo.
Sega retourne vers ses vieilles gloires
Ça semblait gigantesque. Dans les faits, personne n’a jamais vraiment compris ce que Sega préparait. Au fil des années, l’éditeur a continué à entretenir le mystère avec des formulations parfois très abstraites. En 2023, Sega expliquait encore que le projet reposait sur « le concept d’un jeu qui se situe largement au-dessus des jeux normaux ». Oui, ça ne veut pas dire grand-chose, mais ça sonnait ambitieux.
Le groupe évoquait aussi une plateforme réunissant joueurs, streamers et spectateurs, avec une forte composante en ligne. Pour soutenir cette infrastructure, Sega s’était associé à Microsoft et à son cloud Azure. À l’époque, Sega envisageait d’investir jusqu’à 100 milliards de yens (environ 880 millions de dollars) pour transformer ce « Super Game » en immense succès mondial. L’entreprise espérait également générer 100 milliards de yens de revenus sur toute la durée de vie du projet.
Mais entre-temps, le marché du free-to-play a commencé à devenir beaucoup moins accueillant. Dans ses résultats financiers 2026, Sega reconnaît que plusieurs de ses jeux service ont déçu commercialement. Le groupe cite notamment les performances compliquées de Sonic Rumble Party, mais aussi les difficultés rencontrées par Rovio Entertainment, le studio derrière Angry Birds. Plusieurs retards auraient également compliqué la situation. Résultat : le « Super Game » est officiellement annulé.
Le plus intéressant dans cette histoire, ce n’est peut-être pas l’annulation elle-même, mais ce qu’elle raconte sur la stratégie actuelle de Sega. Le groupe semble avoir décidé de ralentir fortement sur les jeux service et de revenir vers des productions plus classiques. Plus de cent employés travaillant sur les projets free-to-play ont ainsi été transférés vers les équipes « Full Game », dédiées aux jeux premium traditionnels.
Et Sega sait déjà où il veut mettre son argent : dans ses licences cultes. Les nouveaux Virtua Fighter, Golden Axe, Streets of Rage, Crazy Taxi et Jet Set Radio restent tous en développement. Sega travaille aussi sur Alien: Isolation 2 et Persona 4 Revival. L’éditeur a probablement regardé ses vieux cartons de cartouches en se disant qu’il y avait peut-être là quelque chose de plus simple à vendre et surtout plus facile à expliquer qu’un gros jeu service.
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