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On a testé la seule salle IMAX 70mm de France pour L’Odyssée de Nolan

On a vu le chef-d’œuvre de Christopher Nolan au Pathé Odysseum de Montpellier, l’unique salle IMAX 70mm de France. Notre ressenti sur cette expérience immersive hors norme.

Il n’existait aucune salle IMAX 70mm en France avant cette semaine. Le Pathé Odysseum de Montpellier vient de changer la donne en s’équipant du seul projecteur de ce type sur le territoire, et du troisième en Europe continentale, pour la sortie de L’Odyssée (notre critique) de Christopher Nolan, le mercredi 15 juillet.

Un écran comme il n’en existait pas en France

Avant même que le film ne commence, l’écran impose son échelle. 22,39 mètres de large, 16,76 mètres de haut, 375 mètres carrés d’image, dans un format carré à 1,43:1 qui n’a plus grand-chose à voir avec le 2,39:1 des salles classiques. Pas de bandes noires, ni en haut, ni en bas, ni sur les côtés : l’image occupe tout le cadre, et une bonne partie du champ de vision périphérique dès les premiers rangs.

Odysee Imax 70 Mm France Salle
© Thomas Estimbre / Journal du Geek

On s’installe dans un gradin façon amphithéâtre, sur 228 sièges, et la hauteur de l’écran se fait sentir dès qu’on lève les yeux vers le haut du cadre. Mieux vaut privilégier les rangs du haut pour réserver : la sensation d’écrasement devient nettement plus forte à mesure qu’on se rapproche de l’écran.

Odysee Imax 70 Mm France Salle 1
© Thomas Estimbre / Journal du Geek

L’Odyssée a été tourné entièrement en pellicule IMAX 65mm à 15 perforations, puis tirée en 70mm pour la projection, une première pour un long-métrage intégralement filmé dans ce format. Le résultat est une définition équivalente à du 18K, largement au-dessus des 4K des salles IMAX numériques classiques, qui ne représentent qu’une petite trentaine d’écrans sur les 6 000 que compte le parc français.

Le grain de la pellicule, une expérience à part

Mais ce qui frappe le plus, ce n’est pas la définition. C’est le grain. Après des années de projection laser, parfaitement lisse et sans défaut, revoir une image de pellicule fait quelque chose. Un léger tremblement, une texture presque vivante, qui donne au film une épaisseur difficile à décrire tant qu’on ne l’a pas vue. Sur 2h52 de film, cette texture ne s’efface jamais, et c’est justement ce que défend Christopher Nolan depuis des années : la tangibilité de l’image plutôt que sa perfection numérique. On sait que la pellicule s’use avec le temps, que chaque projection l’abîme un peu plus, une fragilité qu’on avait complètement oubliée depuis la généralisation du numérique, et qui rend chaque séance presque unique.

Odysee Imax 70 Mm France
© Thomas Estimbre / Journal du Geek

L’échelle, elle, joue à plein sur les scènes de mer et de bataille. La hauteur du cadre donne une sensation presque physique, un léger vertige par moments, notamment sur les plans qui jouent sur les rapports d’échelle entre les humains, la mer et le ciel. Les scènes de tempête en particulier profitent de cette verticalité, l’eau semblant tomber depuis le haut de l’écran plutôt que de simplement traverser le cadre en largeur. On ressort de la séance avec la certitude d’avoir vu autre chose qu’un simple grand écran : une expérience où la mise en scène de Nolan et le format ne font plus qu’un, où chaque plan semble avoir été pensé en fonction de cette verticalité plutôt que de s’y adapter après coup.

Une expérience réservée à ceux qui peuvent se déplacer

Le prix suit logiquement l’exclusivité du format : 21 euros pour les séances du matin, 29,20 euros pour les suivantes, 23,90 euros en tarif réduit. Cela n’a pas freiné l’engouement : 13 000 préventes ont déjà été enregistrées sur les quatre premières semaines d’exploitation, avec des spectateurs venus de plusieurs centaines de kilomètres pour l’occasion, entre cinéphiles déterminés et vacanciers de passage dans la zone commerciale.

Odysee Imax 70 Mm France Attente
© Thomas Estimbre / Journal du Geek

Reste la question de l’accès. Pour tous ceux qui ne vivent pas dans le sud de la France, voir L’Odyssée comme Nolan l’a pensée implique un vrai déplacement, et une dépense que tout le monde ne peut pas se permettre. Les salles IMAX numériques classiques diffusent le film en 1,90:1, un format qui rogne mécaniquement une partie de l’image originale, avec son lot de personnages secondaires et d’extensions de plan qui restent alors hors-cadre.

Le Pathé Odysseum prévoit de garder le film à l’affiche au moins jusqu’au 31 août, et compte déjà sur Dune : Troisième Partie, attendu en décembre, pour prolonger l’aventure du 70mm à Montpellier.

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