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“Quand vous les voyez, il est déjà trop tard” : les radars LiDAR 3D assistés par IA arrivent cet été !

C’est la formule de José Eugenio Naranjo, docteur en informatique et spécialiste des systèmes de transport intelligents, pour résumer ce que les nouveaux radars espagnols changent fondamentalement.

L’Espagne active cet été une nouvelle génération de dispositifs fixes sur son réseau routier, et les motards français qui traversent la frontière en été feraient bien de retenir la date.

Ce que le LiDAR 3D change vraiment

Les radars traditionnels mesurent la vitesse sur un axe ou un plan limité. Le LiDAR 3D envoie des impulsions lumineuses vers les véhicules, récupère le signal réfléchi, calcule la vitesse et analyse simultanément la forme, la taille et la position du véhicule en trois dimensions. L’intelligence artificielle affine ensuite la reconnaissance : une voiture, une moto et un poids lourd ne sont plus traités comme une masse indistincte.

Le modèle déployé en Espagne s’appelle Velolaser, développé par Invia Sistemas S.L.U., équipé du capteur laser Noptel CMP52. Ce n’est pas un radar amélioré, mais clairement une rupture dans la logique de contrôle.

Ces nouveaux appareils peuvent déclencher le flash jusqu’à 200 mètres en amont de la cabine, dans les deux sens de circulation. Le réflexe classique de freiner en apercevant le boîtier devient complètement inefficace : à 130 km/h, 200 mètres représentent moins de six secondes de trajet. La décélération n’a pas le temps de se produire avant la mesure.

Le radar est aussi discriminant, c’est à dire qu’il identifie la catégorie du véhicule et applique automatiquement la limite de vitesse correspondante. Une moto en zone 90 km/h et un camion sur la même portion de route ne reçoivent pas la même tolérance.

La fin de l’angle mort pour les motos

C’est là que le sujet devient particulièrement sensible pour les deux-roues. Les radars à micro-ondes classiques avaient historiquement du mal à détecter les motos : silhouette fine, surface réfléchissante réduite, angle d’incidence problématique. Avec le LiDAR 3D, la reconstruction tridimensionnelle de la scène routière supprime ces angles morts technologiques. Les deux-roues sont désormais détectés avec la même fiabilité qu’une voiture, quelle que soit leur position dans la voie.

C’est une bascule que certains motards avaient peut-être intégrée, consciemment ou non, dans leur façon de conduire, mais cette variable disparaît.

Ce que ça peut détecter au-delà de la vitesse

La Direction générale de la circulation espagnole met en avant une vocation plus large que la verbalisation car ces appareils permettent de surveiller le trafic en temps réel et de détecter plus rapidement les accidents et les situations à risque grâce à leurs algorithmes embarqués.

En France, les fabricants Idemia et Parifex proposent déjà des équipements LiDAR 3D capables d’aller encore plus loin : détection des stops grillés, usage du téléphone au volant, non-port de la ceinture, franchissement de ligne continue. Le radar se transforme progressivement en capteur de circulation polyvalent, pas seulement en compteur de vitesse.

Quelques radars LiDAR 3D sont déjà en service sur le territoire français, mais leur déploiement reste très marginal. Si la France suit la même trajectoire que l’Espagne, le calendrier reste à définir. Ce qui est certain c’est que la technologie existe, les industriels la proposent, et l’Espagne va en démontrer l’efficacité opérationnelle cet été sur des routes que beaucoup de vacanciers français empruntent en juillet et août.

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