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Voici le futur des billets de banque

L’imprimerie fédérale allemande a présenté un prototype de billet pas plus grand qu’une carte bancaire. Une idée qui pourrait bien faire date dans l’histoire fiduciaire.

Imaginez sortir un billet de votre portefeuille, qui soit exactement à la même taille que votre carte bancaire. Même largeur, même hauteur, mais fin comme du papier. C’est le concept que la Bundesdruckerei, l’imprimerie fédérale allemande, a présenté le 13 mai 2026 lors de la Banknote Conference à Washington D.C. Le prototype s’appelle STELLA, et il fait partie d’une série expérimentale baptisée EX NIHILO.

STELLA n’est pas (encore) le futur billet euro. Ce n’est pas non plus une annonce officiel. C’est un prototype que les imprimeurs et les ingénieurs monétaires ont présenté pour questionner le futur de la technologie euro.

Billets Banque (1)
© Bundesdruckerei

Plus petit, plus durable, plus sécurisé

Ce qui rend le concept STELLA intéressant réside moins dans son format que dans ce qu’il dit. Les euros actuels implique des formats standardisés, allant de 120 mm x 62 mm pour le billet de 5 euros à 160 mm x 82 mm pour le 200 euros. Des dimensions qui supposent une grande quantité de papier coton, une consommation d’énergie non négligeable, et une durée de vie limitée : plus un billet est grand, plus il s’use vite.

Plutôt que le papier coton traditionnel, ce nouveau prototype est imprimé sur un substrat polymère, une fine feuille plastique fabriquée à partir de matières premières renouvelables et non fossiles. Le procédé n’est pas inédit : l’Australie utilise des billets en polymère depuis 1988, et la Banque d’Angleterre a converti toute sa gamme à ce matériau entre 2016 et 2021. Le polymère est plus résistant à l’eau, à la saleté, au froissement, et dure en moyenne deux à quatre fois plus longtemps que le papier coton. Moins de renouvellement, moins de production, moins d’empreinte environnementale.

La vraie prouesse technique de STELLA tient dans la densité de sécurité. Réduire le format d’un billet, c’est réduire la surface disponible pour y intégrer les éléments anti-contrefaçon. La Bundesdruckerei répond à ce défi par un design dit « sans bord » : les éléments de sécurité s’étendent jusqu’aux extrémités du billet, et utilisent la totalité de la surface disponible.

Le billet face au grand effacement

Si la Bundesdruckerei s’autorise ces expérimentations, c’est que le secteur sent le vent tourner. Le cash est sous pression partout en Europe. En France, les paiements sans contact ont explosé depuis la pandémie. Le billet résiste, mais il n’est plus aussi central dans les habitudes des consommateurs.

Dans ce contexte, les imprimeurs cherchent à rendre le billet plus compétitif : moins cher à produire, plus facile à stocker, plus adapté aux portefeuilles modernes… Un format carte de crédit tient dans un porte-cartes, ne dépasse pas, ne se corne pas.

De son côté, la BCE avance sur un autre front. En janvier 2025, la Banque centrale européenne a sélectionné les motifs qui serviront de base aux futurs billets en euros, autour de deux thèmes distincts : « La culture européenne : un héritage commun » et « Fleuves et oiseaux : force et diversité ». Un concours ouvert aux graphistes européens a suivi à l’été 2025. Le Conseil des gouverneurs doit choisir le design définitif d’ici fin 2026, pour une mise en circulation progressive à partir de 2028.

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Source : BFMTV

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