Les cassures et débordements qui ont suivi la victoire du Paris Saint-Germain en finale de Ligue des Champions ont relancé le sempiternel débat de la reconnaissance faciale dans les lieux publics, après que trois personnes soient décédées et que plus de 890 interpellations aient été menées. Depuis plusieurs décennies, l’opinion publique est sérieusement divisée entre ceux qui privilégient la sécurité, et donc l’usage des caméras dans les lieux publics, et ceux qui choisissent la liberté et qui y sont farouchement opposés.
Mais les événements liés à ladite finale semblent avoir eu un sérieux impact sur les esprits de chacun, comme en témoigne un sondage CSA commandé par CNews, le JDD et Europe 1. Sur 1 000 Français interrogés, il en ressort que 85% sont favorables à l’utilisation de la reconnaissance faciale pour identifier les casseurs lors de violences urbaines. Globalement, les chiffres sont assez semblables dans les différentes moyennes d’âge, même si on note que ce sont les 65 ans et plus qui y sont le plus favorables, avec 88% d’entre eux qui veulent que l’on puisse identifier ces casseurs.
Fracture politique totale sur le sujet
Si l’on s’intéresse aux préférences politiques des sondés, c’est sans surprise les votants de gauche qui y sont le plus opposés. Moins d’un électeur de La France Insoumise sur deux (43%) est contre la reconnaissance faciale dans les lieux publics, là où ils ne sont que 7% au Rassemblement National. 98% des électeurs de Renaissance veulent un assouplissement de la loi en ce sens, ils sont 82% au Parti Socialiste et 69% chez Les Ecologistes.

L’adhésion est donc quasi totale chez les électeurs de droite et du centre, ce qui est moins le cas à gauche. Le sujet transcende également les clivages générationnels et socioprofessionnels habituels. Cadres, ouvriers et chômeurs semblent d’accord dans l’ensemble, ce n’est qu’en triant les sondés en fonction de leur couleur politique que l’on observe les vraies dissensions.
Que dit la loi ?
Actuellement, en France, la loi est extrêmement stricte sur l’usage de la reconnaissance faciale dans l’espace public. Seuls quelques rares cas, notamment lorsque la sécurité nationale est menacée, autorisent l’exploitation des caméras de surveillance pour identifier des personnes dans la rue.
Chez nos voisins, la situation est bien différente. Au sein même de l’Union européenne, il n’existe aucune loi commune à tous les états membres. Au Royaume-Uni, l’usage est bien plus large et va au-delà des questions de sûreté nationale et du seul cadre antiterroriste. Si on regarde plus loin encore et que l’on va s’intéresser aux lois américaines et chinoises, la loi est plus claire : la reconnaissance faciale est très largement autorisée et la cadre légal peu libéral.
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