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Le drone électrique le plus rapide du monde bat des records, et ce n’est pas juste pour la gloire

Le constructeur allemand Quantum Systems travaille sur un drone électrique capable de dépasser les 700 km/h. Derrière cette quête du record du monde se cache un objectif plus sérieux : mettre au point de futurs drones intercepteurs capables de rattraper les appareils d’attaque les plus rapides, notamment ceux observés sur le front ukrainien.

Dans l’industrie de la défense, les records de vitesse ne servent pas uniquement à impressionner les voisins. Pour les fabricants de drones militaires, chaque kilomètre par heure gagné peut faire la différence lorsqu’il s’agit d’intercepter une cible lancée à pleine vitesse.

Un projet qui va bien au-delà du simple record

C’est précisément la logique derrière le nouveau projet de Quantum Systems. L’entreprise allemande, déjà très présente en Ukraine, développe actuellement un drone électrique de course avec l’ambition de battre le record mondial de vitesse de la catégorie. Selon son directeur général Florian Seibel, l’appareil aurait déjà dépassé les 650 km/h en vol horizontal. Une performance qui le rapproche dangereusement du record officiel actuellement détenu par les Sud-Africains Luke et Mike Bell. Leur drone Peregrine V4 avait atteint 657,59 km/h en décembre dernier. Plus récemment, deux spécialistes australiens ont affirmé avoir poussé leur drone Blackbird jusqu’à 730 km/h, mais cette marque reste encore à homologuer.

Pour aller chercher ces vitesses, Quantum Systems ne fait pas les choses à moitié. L’entreprise s’appuie sur des composants conçus spécialement pour ce projet, notamment des batteries fournies par V4Smart GmbH, une filiale de Porsche AG. Tout cela ressemble à une compétition entre passionnés de vitesse, mais Quantum Systems assure que ce programme a une finalité beaucoup plus concrète. Le constructeur a confirmé que les technologies développées pour ce drone de course serviront ensuite à améliorer de futurs drones destinés à la défense aérienne.

L’idée n’est pas forcément de créer un intercepteur capable de filer à plus de 700 km/h. Ce serait spectaculaire, mais probablement peu réaliste dans un cadre opérationnel. En revanche, chaque enseignement tiré de ce programme — aérodynamique, propulsion, batteries ou électronique — pourra être réutilisé dans des systèmes militaires plus conventionnels. Car entre un prototype construit pour battre un record et un drone que l’on peut produire par milliers, il existe un fossé considérable.

Un drone de compétition peut embarquer des composants exclusifs et très coûteux. Une armée, elle, cherche surtout des équipements efficaces, robustes et relativement abordables. C’est particulièrement vrai pour les drones intercepteurs. Leur principal intérêt est justement de proposer une alternative moins coûteuse aux missiles antiaériens traditionnels.

Les futurs intercepteurs de Quantum Systems devraient donc probablement être moins rapides que leur cousin de laboratoire. Mais ils pourraient tout de même gagner suffisamment en performances pour s’attaquer à des cibles plus rapides, notamment les drones d’attaque à réaction qui apparaissent progressivement sur les champs de bataille.

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Source : Defence

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