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IPTV illégale : ce réseau qui vendait Canal+ et beIN Sports vient de tomber

Pendant quatre ans, une plateforme pirate a fait le bonheur de centaine de milliers d’utilisateurs.

Quatre ans. C’est le temps qu’il aura fallu à la justice pour faire tomber un réseau structuré entre la France et la Belgique qui revendait des accès illégaux aux principales chaînes sportives et cinéma du pays. Canal+, beIN Sports, Ligue 1+. La note est salée pour les contrevenants, mais aussi pour les utilisateurs et les utilisatrices, qui depuis des années, profitaient du meilleur de la télévision payante pour une cinquantaine d’euros à l’année. À titre de comparaison, un abonnement Canal+ seul dépasse les 30 € mensuels.

11 arrestations en France et en Belgique

L’opération a été menée par le Centre de lutte contre les criminalités numériques, unité spécialisée de la gendarmerie nationale, agissant sous l’autorité du parquet de Paris. En une seule journée, 11 personnes ont été interpellées : 10 en France, et le fondateur présumé du réseau en Belgique.

Au total, vingt serveurs hébergeant les flux illégaux, répartis entre la France, les Pays-Bas et le Canada, ont été coupés simultanément le jour de l’opération. 250 000 abonnés ont perdu leurs accès du jour au lendemain, sans préavis, sans remboursement.

Les perquisitions ont permis de saisir un total d’environ 1,4 million d’euros d’avoirs : près de 700 000 € en cryptomonnaies, 380 000 € sur des comptes bancaires, plus de 100 000 € en espèces, mais aussi des objets de luxe estimés à 150 000 €.

C’est une plainte déposée en 2024 par le groupe Canal+, dont les équipes antipiratage avaient identifié leurs contenus sur la plateforme, qui a déclenché l’enquête. Plusieurs mois de travail plus tard, Noos+ n’existe plus. Les 11 suspects ont été placés en garde à vue pendant une quarantaine d’heures avant d’être remis en liberté, dans l’attente de l’exploitation complète du matériel informatique saisi.

Les abonnés vont pleurer

Pour les 250 000 abonnés qui ont perdu leur divertissement préféré, la sanction ne s’arrête pas là. En France,  la loi assimile le recours à un service IPTV illégal à du recel de contrefaçon, une infraction passible de cinq ans de prison et de 375 000 € d’amende. Les vendeurs et revendeurs, eux, s’exposent à des peines encore plus lourdes dans le cadre d’un délit organisé : jusqu’à 500 000 € d’amende.

En mars 2026, le parquet d’Arras avait déjà franchi un cap inédit en France, en identifiant 19 abonnés d’un service pirate et en leur infligeant des amendes individuelles comprises entre 300 € et 400 €. L’Italie et la Grèce avaient également pris des mesures similaires pour endiguer la fraude à l’IPTV.

Si la marge de tolérance se réduit, c’est que le timing n’est pas anodin : la Coupe du monde de football 2026 approche, et les diffuseurs savent que l’évènement génère systématiquement un pic massif de recours aux services IPTV pirates pour accéder aux retransmissions sportives. L’un des enjeux majeurs des prochains mois sera la capacité des plateformes légales à bloquer les flux pirates en temps réel, pendant les événements sportifs, avant même qu’un utilisateur ait eu le temps de se connecter.

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Source : Le Parisien

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