À première vue, le Vigoz intrigue. Trois roues, une cabine fermée, deux places installées l’une derrière l’autre et… un pédalier. Difficile de le ranger dans une catégorie bien précise. Pour ses créateurs, ce n’est ni un vélo ni une voiture au sens traditionnel du terme. C’est un « véhicule actif ». Comprendre : un engin qui combine les avantages d’un véhicule électrique avec une participation physique du conducteur.
Une voiture qui roule à l’huile de coude
Car ici, impossible d’appuyer simplement sur une pédale d’accélérateur et de partir. Pour avancer, il faut pédaler. L’effort fourni par l’utilisateur est ensuite complété par un moteur électrique alimenté par une batterie de 22 kWh. « On a créé ce modèle pour répondre au besoin de bouger tous les jours », explique Pierre Francis, cofondateur de Cixi, à France 3.
Le résultat est pour le moins inhabituel. Le Vigoz peut atteindre jusqu’à 120 km/h et circuler sur autoroute. Selon l’entreprise, il serait même possible d’effectuer un aller-retour entre Annecy et Genève sans difficulté. L’autonomie annoncée atteint environ 160 kilomètres. Autrement dit, le Vigoz cherche à réconcilier activité physique et déplacements motorisés. Une approche qui tranche avec la tendance actuelle consistant à réduire toujours davantage l’effort demandé aux conducteurs.
L’aventure Vigoz ne date pas d’hier. Le projet a démarré en 2015 et a déjà nécessité plus de 50 millions d’euros d’investissements. Si le véhicule n’est toujours pas commercialisé, Cixi a néanmoins réussi à transformer l’une de ses technologies en véritable activité économique : son pédalier sans chaîne baptisé PERS.
Ici, aucune liaison mécanique entre les jambes du conducteur et les roues. Le pédalier agit comme une génératrice électrique. Lorsque l’utilisateur pédale, il produit de l’électricité qui est ensuite envoyée au système de propulsion. « Quand vous pédalez, cela génère de l’électricité envoyée à la roue arrière via des câbles », détaille Nicolas Ohlmann, directeur technique de l’entreprise.
Cette technologie équipe désormais plusieurs modèles de vélos-cargos et d’autres véhicules électriques. Une activité qui permet à Cixi de financer la poursuite du développement du Vigoz. L’entreprise, qui emploie aujourd’hui près de 100 salariés, continue donc d’avancer vers son objectif final : obtenir toutes les homologations nécessaires et lancer une production en série.
Le prototype actuel ne manque pas d’arguments. Il s’incline automatiquement dans les virages, dispose de deux portes latérales, peut accueillir un siège enfant grâce à des fixations Isofix et propose un coffre arrière modulable. En revanche, certains équipements automobiles classiques brillent par leur absence. Pas d’airbags ni de climatisation !
Pour affronter les fortes chaleurs, Cixi a préféré installer des ventilateurs directement dans les sièges. Reste encore à connaître le prix et la date de commercialisation ; le constructeur prévoit toutefois un abonnement.
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