Le rachat de Warner continue d’alimenter les chroniques judiciaires depuis des mois et l’époque où Netflix annonçait à ses abonnés avoir racheté Harry Potter semble bien loin. Aujourd’hui, c’est bien Paramount Skydance Corp qui a mis les billets (qu’il n’a pas) sur la table pour s’offrir Warner Bros Discovery pour 110 milliards de dollars, et ce, avec la bénédiction d’un président orange contre un Rush Hour 4. Il ne restait plus qu’aux grandes instances de se pencher sur le dossier de rachat pour valider ou non l’opération.
Le dossier a fait un énorme bond en avant avec la validation, ce vendredi, par le ministère américain de la Justice. La division antitrust du ministère sort de huit mois d’enquête pour tirer la conclusion que cette “fusion” n’était “pas susceptible de nuire à la concurrence ni aux consommateurs américains”. Au contraire, elle a même souligné que ce rachat permettra d’accroître la concurrence et donc bénéficiera aux consommateurs et travailleurs américains.
En sous-texte, on comprend que le ministère voit d’un bon œil un rachat qui permettrait d’aller taquiner Netflix, Disney+ et Prime Video. Rien que ça. Il n’y aura donc aucune contestation ni exigence du côté du gouvernement américain.
L’Europe n’a pas dit son dernier mot !
Cela ne signifie pas pour autant que la suite des événements va être un long fleuve tranquille pour Paramount. Une plainte antitrust se prépare du côté d’une dizaine d’États américains, conduite par la Californie, et devrait être déposée ce mois-ci.
Mais l’un des principaux enjeux a traversé l’Atlantique puisque non seulement l’autorité britannique a annoncé l’ouverture d’une enquête, mais la Commission européenne se penche actuellement sur le sujet, plus précisément sur la provenance d’une partie des 110 milliards de dollars depuis des pays du Golfe comme l’Arabie saoudite. La Commission veille au respect des règles de concurrence de l’UE et elle va examiner les subventions étrangères visant les aides d’État étrangères déloyales.
La Commission a annoncé qu’elle décidera de valider ou non l’opération le 14 juillet 2026 ou si elle ouvrira une enquête approfondie de 90 jours ouvrables.
Quelles conséquences ?
Il est bon de souligner qu’une décision contraire de la Commission européenne ne bloquera pas la fusion entre Paramount et Warner Bros puisque les États-Unis l’ont déjà validée. Côté américain, elle pourrait simplement servir d’argument pour appuyer la plainte antitrust.
Non, l’enjeu est davantage sur le plan européen (logique) où la Commission pourrait exiger que, pour que cette fusion soit effective sur son sol, des concessions soient faites par les deux groupes, notamment des cessions d’actifs comme une chaîne jeunesse pour rendre le projet plus “équitable”. Si l’enquête de 90 jours s’ouvre, le sujet sera davantage une question de calendrier puisque cela repousserait toute la phase de lancement et engendrerait des coûts supplémentaires.
D’autres cas sont envisageables mais peu probables. La Commission peut exiger une diminution de l’apport des pays du Golfe dans l’investissement et, si on veut vraiment voir le verre à moitié plein, une interdiction pure et simple de la mise en place de la fusion en Europe, c’est-à-dire que Paramount et Warner Bros resteraient deux entités distinctes uniquement sur le marché européen. Début de réponse le 14 juillet prochain.
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