La décision n’est pas isolée, car elle s’inscrit dans un contexte national de hausse brutale de l’accidentalité. Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, 80 utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisé ont perdu la vie en France en 2025, soit 35 morts de plus qu’en 2024 et 70 de plus qu’en 2019. Le nombre de blessés graves a progressé de 38 %, et la mortalité en EDPM a bondi de 53 % sur les douze derniers mois. Des chiffres qui ont convaincu la préfecture de Vaucluse de ne pas attendre le législateur national.
Ce que dit la loi nationale, et ce qu’elle ne dit pas encore
Au niveau national, la situation est encore floue. Le casque reste obligatoire pour les mineurs et hors agglomération sur les routes autorisées par dérogation. Pour les adultes en ville, il est fortement recommandé mais pas imposé par la loi nationale. Une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale en septembre 2025 vise à généraliser l’obligation à tous les conducteurs d’EDPM, y compris en agglomération, avec une amende de 135 euros en cas d’infraction. Elle n’a pas encore été votée.
En attendant, ce sont les préfectures et les communes qui prennent les devants. Le Vaucluse rejoint ainsi les Alpes-Maritimes, où un arrêté préfectoral en vigueur depuis avril 2026 rend le casque et le gilet rétro-réfléchissant obligatoires dans tout le département. Nice, Vence et Bourg-lès-Valence avaient déjà adopté des arrêtés municipaux dans le même sens avant ces décisions préfectorales. La carte du casque obligatoire s’étend progressivement, département par département, sans attendre le feu vert national.
Mais pourquoi ça avance si lentement au niveau national ?
La résistance vient en partie du lobbying des opérateurs de trottinettes en libre-service, déjà très affaiblis, Paris les a interdits depuis 2023, et en partie d’une difficulté politique à imposer une contrainte perçue comme impopulaire sur un mode de transport présenté comme vertueux. Un casque réduit pourtant de 70 % les risques de traumatisme crânien en cas de chute, un chiffre que les services de traumatologie des urgences françaises connaissent bien.
Si vous résidez ou passez dans le Vaucluse ou les Alpes-Maritimes à partir du 1er juillet, le casque n’est plus optionnel. Pour le reste du territoire, il reste la règle la plus intelligente à appliquer en attendant que la loi l’impose officiellement.
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