Le satellite Link devait voler au secours du télescope Swift. Pour le moment, il doit surtout retrouver ses esprits. Près d’un mois après son lancement, l’engin de Katalyst Space Technologies a connu un problème de contrôle d’attitude, a annoncé la NASA. Le satellite s’est mis à tourner sur lui-même, compliquant fortement les communications avec les équipes au sol.
Un sauvetage à 30 millions de dollars
Les premières vérifications ont identifié plusieurs mauvaises nouvelles. Deux des trois roues de réaction de Link ne fonctionnent plus. Son système de petits propulseurs à gaz froid, chargé d’effectuer les manœuvres les plus précises, aurait lui aussi perdu une partie de ses capacités. Ces équipements sont essentiels pour orienter correctement le satellite, notamment ses antennes et ses panneaux solaires. Ils doivent surtout lui permettre de s’approcher de Swift sans transformer la mission de sauvetage en partie de billard orbital.
Tout avait pourtant plutôt bien commencé. Link a décollé le 3 juillet à bord d’une fusée Pegasus XL de Northrop Grumman, larguée depuis un avion. Ses panneaux solaires se sont correctement déployés, les communications étaient stables et ses propulseurs électriques au xénon avaient réussi leurs premiers essais.
Ces moteurs devaient permettre à Link de rejoindre Swift, situé à environ 320 kilomètres d’altitude. Une fois arrivé, le satellite doit saisir le télescope à l’aide de trois bras robotisés, puis relever son orbite. Katalyst tente désormais d’utiliser ces propulseurs électriques pour stabiliser Link. Ce n’était pas leur fonction première, mais les ingénieurs doivent faire avec les équipements encore disponibles.
Le temps presse. Sans intervention, Swift pourrait rentrer dans l’atmosphère et être détruit dans les prochains mois. Lancé en 2004, l’observatoire ne possède aucun moteur lui permettant de corriger lui-même son altitude. La NASA souhaite pourtant le conserver. Swift reste l’un des rares télescopes capables de détecter rapidement les sursauts gamma, des explosions particulièrement puissantes observées dans l’Univers.
L’agence américaine verse 30 millions de dollars à Katalyst pour cette opération. Elle veut prolonger la carrière scientifique de Swift, mais aussi tester les capacités des entreprises spécialisées dans l’entretien des satellites en orbite. Le calendrier était serré : Katalyst n’a disposé que de neuf mois pour concevoir, fabriquer et lancer Link. Avant le décollage, la NASA estimait déjà que la tentative fournirait des enseignements utiles, même en cas d’échec.
La situation reste préoccupante, mais Link produit encore suffisamment d’électricité et communique toujours avec le sol, quoique de façon irrégulière. Katalyst va tenter de stabiliser l’engin, puis modifier son logiciel de guidage pour tenir compte des équipements défaillants. La NASA et l’entreprise décideront ensuite si une approche de Swift reste raisonnablement sûre.
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