Emirates ajoute une nouvelle option à sa page de paiement. Depuis le 28 juillet, certains clients peuvent utiliser Crypto.com Pay pour acheter un billet sur le site ou dans l’application de la compagnie aérienne. L’offre reste pour le moment bien encadrée. Elle s’adresse uniquement aux résidents éligibles des Émirats arabes unis disposant d’un compte Crypto.com. Le billet doit aussi être affiché et réglé en dirhams émiratis. Aucune extension internationale n’a été annoncée.
La crypto, mais avec des précautions
Surtout, Emirates n’accepte pas directement des bitcoins ou d’autres jetons numériques. Le client paie depuis son portefeuille, Crypto.com convertit la somme, puis la compagnie reçoit son argent en monnaie traditionnelle. Emirates peut donc afficher une option « crypto » sans conserver d’actifs susceptibles de perdre une bonne partie de leur valeur entre le décollage et l’atterrissage.
Sur mobile, le voyageur choisit Crypto.com Pay au moment de régler sa réservation. L’application Emirates l’envoie alors dans celle du partenaire pour valider la transaction, avant de le ramener vers son billet électronique. Sur un ordinateur, le principe est similaire : il faut sélectionner le service, scanner un code QR avec son téléphone, puis approuver le paiement dans l’application Crypto.com.
Emirates présente cette intégration comme une réponse aux habitudes de clients plus jeunes, qui gèrent leur argent et leurs voyages depuis leur smartphone. Son directeur commercial, Adnan Kazim, estime qu’une compagnie aérienne doit suivre l’évolution de ces usages. Quelques détails importants restent toutefois dans le brouillard. Les deux entreprises n’ont pas indiqué quelles cryptomonnaies sont compatibles. Elles n’ont pas davantage expliqué comment seront traités les remboursements, notamment si la valeur de l’actif utilisé a fortement changé entre l’achat et l’annulation.
Les grandes compagnies aériennes restent peu nombreuses à proposer ce genre de paiement sur leurs propres plateformes. Air Baltic accepte le bitcoin depuis 2014, tandis qu’Air Arabia prend en charge AE Coin, un stablecoin lié au dirham. Cette prudence s’explique facilement. Le transport aérien doit gérer des modifications, des annulations et des remboursements parfois plusieurs mois après la réservation. Les transactions en cryptomonnaies sont aussi souvent irréversibles, avec des frais et des délais qui peuvent varier.
En confiant toute cette partie à un tiers, Emirates limite donc les risques. La compagnie conserve des prix stables et évite d’ajouter des actifs numériques à son bilan. Le lancement participe également à la stratégie « sans argent liquide » de Dubaï, qui vise à numériser 90 % des transactions financières des secteurs public et privé d’ici à la fin de cette année.
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