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Un gigantesque astéroïde va se rapprocher de la Terre ce week-end : un passage surveillé de très près par la NASA et l’ESA

Classé « potentiellement dangereux » depuis sa découverte, un astéroïde d’un kilomètre de large va frôler la Terre samedi matin. C’est son passage le plus proche depuis au moins le XVIIeme siècle, et les radars conjoints de la NASA et de l’ESA l’ont dans le collimateurs depuis plusieurs semaines.

Découvert le 5 juillet 1997 depuis l’observatoire d’Haleakalā à Maui, par le programme de surveillance automatisée NEAT (Near-Earth Asteroid Tracking), cet astéroïde a été baptisé 152637 (1997 NC1). Il fait partie de la famille des Aton, des géocroiseurs dont la trajectoire est presque entièrement située entre la Terre et le Soleil, mais dont l’orbite est suffisamment allongée pour croiser celle de la Terre lorsqu’ils s’éloignent au maximum. Depuis 29 ans, il n’a jamais réllement quitté les différents programmes de surveillance d’astéroïdes, car s’il venait à percuter la planète, les conséquences seraient dévastatrices.

Dans deux jours, le samedi 27 juin, il passera à seulement 2,56 millions de kilomètres de notre planète, soit 6,6 fois la distance Terre-Lune. Cela peut paraître très éloigné, mais à l’échelle de l’Univers, on peut affirmer sans ciller que 152637 (1997 NC1) va nous frôler. Depuis l’an 1600, il ne s’était pas rapproché autant de nous, date la plus lointaibe à laquelle les calculs orbitaux rétroactifs aient pu remonter.

Une montagne qui file à presque 32 000 km/h

Parmi tous les géocroiseurs que nous avons répertoriés, 152637 (1997 NC1) boxe dans la catégorie poids-lourd. Selon les estimations de la NASA et de l’ESA, son diamètre se situe entre 750 mètres et 1,65 kilomètre, selon l’albédo retenu pour les calculs ; l’albédo étant la fraction de lumière solaire que la surface de l’astéroïde réfléchit, une donnée encore incertaine le concernant.

En tablant sur un albédo plus élevé (jusqu’à 60 %), certaines sources penchent pour un objet plus compact, autour de 750 mètres, mais dans tous les cas, c’est un bloc rocheux comparable à la hauteur de la plus haute tour du monde, le Burj Khalifa (828 m), ou même, dans sa fourchette haute, à la taille d’une petite montagne.

Sur les quelque 42 000 astéroïdes géocroiseurs répertoriés à ce jour par le Center for Near Earth Object Studies (CNEOS) de la NASA, seuls 872 atteignent le kilomètre de diamètre ou plus, soit à peine plus de 2 %.

Son orbite est typique d’un Aton : légèrement plus courte que celle de la Terre autour du Soleil (294 jours contre 365), inclinée d’environ 17 degrés par rapport au plan de l’écliptique, qui l’amène à osciller entre l’orbite de Vénus et celle de la Terre.

Au moment du survol, il voyagera à 8,87 km/s (31 932 km/h exactement), un peu plus rapidement que la Station Spatiale Internationale (7,7 km/s) : une vitesse qui écrase celle du son d’un facteur 26.

Depuis plusieurs semaines, le réseau de radars Goldstone du Jet Propulsion Laboratory (JPL) sont braqués dessus et le bombardent d’ondes radio. Plus il se rapproche, plus l’écho qu’il renvoie est précis, ce qui permettra aux ingénieurs du JPL d’obtenir la mesure la plus fidèle de sa taille et de sa rotation. Deux paramètres qui permettront, en conséquence, de fiabiliser les modèles qui calculent sa trajectoire pour les prochains siècles, avant qu’il ne revienne dans notre voisinage en 2133.

152637 (1997 Nc1)
Infographie récapitulative fournie par l’ESA, avec les différentes caractéristiques de l’astéroïde. © ESA

Est-il dangereux ?

Un astéroïde classifié comment « potentiellement dangereux » nous fait tiquer, c’est normal, mais en réalité, aucun astéroïde connu de cette taille ne présente de réel danger d’impact pour le siècle à venir. Dès que l’Union astronomique internationale (UAI) tamponne un géocroiseur de ce label, c’est simplement qu’il a rempli deux critères : son diamètre doit être supérieur à 140 mètres et son orbite doit se rapproche à moins de 0,05 unité astronomique (environ 7,48 millions de km) de celle de la Terre.Les autorités de surveillance n’ont absolument aucun doute : 152637 (1997 NC1) ne percutera pas la Terre ce week-end.

Si vous avez la chance d‘être équipé d’un bon télescope, avec un diamètre suffisant (à partir de 100-150 mm), vous pouvez tenter de l’observer dès demain soir et après demain, de nuit, depuis l’hémisphère nord. Il faudra le pointer en direction du sud du ciel, du côté d’Antares et du Scorpion : 152637 (1997 NC1) y transitera à une magnitude d’environ 10 (l’échelle qui mesure la luminosité d’un objet céleste). L’œil nu percevant difficilement en dessous de 6, il sera donc impossible de le voir sans instrument, même amateur. Son déplacement sera très lent, mais tout de même perceptible : repointez la zone toutes les 5 à 7 minutes, et vous verrez qu’il aura bougé par rapport aux étoiles en arrière-plan. Si vous n’êtes pas équipé et souhaitez tout de même l’admirer, , le Virtual Telescope Project retransmet les deux soirées en direct sur son site : à minuit heure française dans la nuit du 26 au 27 juin, puis minuit à nouveau dans la nuit du 27 au 28. Toujours mieux que rien lorsqu’on habite en ville et que nos soirées sont gâchées par la pollution lumineuse et cette infâme chaleur qui durera jusqu’à dimanche, mais c’est une autre histoire.

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