Le principe est tout simple : un médecin prend en photo une lésion cutanée avec un téléphone, puis la plateforme de Legit.Health analyse l’image en quelques secondes. Le logiciel propose les pathologies compatibles, mesure la surface touchée et évalue la gravité à partir d’échelles cliniques utilisées en dermatologie.
Éviter les consultations inutiles
L’outil ne remplace pas le dermatologue et ne prétend pas poser seul un diagnostic définitif. Il sert plutôt de seconde lecture, surtout en médecine générale, là où les médecins doivent souvent décider s’il faut orienter un patient vers un spécialiste. « Nous n’aidons pas seulement à savoir quelle maladie une personne peut avoir. Nous calculons aussi son niveau de gravité », explique Andy Aguilar, cofondatrice de Legit.Health, à RTVE.
Cette nuance est importante. En dermatologie, deux lésions peuvent se ressembler, mais ne pas avoir du tout la même urgence. Un patient pourra être suivi en soins primaires, tandis qu’un autre devra obtenir rapidement une consultation spécialisée. C’est précisément ce tri que Legit.Health veut améliorer. Et les besoins sont bien réels : les délais pour voir un dermatologue dépassent parfois 120 jours, et peuvent aller au-delà d’un an dans certaines régions. Or les maladies de peau ne sont pas toujours de petits soucis passagers. Certaines lésions peuvent cacher un cancer, comme le mélanome, dont le pronostic dépend fortement de la rapidité du diagnostic.
Créée en 2020 après plusieurs années de recherche, Legit.Health affirme pouvoir analyser plus de 320 pathologies dermatologiques, avec un taux de précision de 90 %. Beaucoup d’outils concurrents se concentrent surtout sur le cancer de la peau. La plateforme continue d’être entraînée avec des centaines de milliers d’images cliniques. L’objectif est d’améliorer la précision selon l’âge, l’origine et les différentes carnations des patients. L’entreprise travaille aussi sur d’autres pathologies visibles sur la peau, comme les ulcères diabétiques ou les lésions de pression.
Les premiers résultats sont concrets. L’usage de Legit.Health en soins primaires a permis de réduire de 30 % les orientations vers les dermatologues. Certaines consultations peuvent donc être résolues plus tôt, sans passage systématique chez le spécialiste.
L’outil est déjà implanté dans plusieurs structures en Espagne, et est également présente en Pologne, en Italie, au Royaume-Uni et au Brésil. La prochaine étape se jouera aux États-Unis. En novembre prochain, la startup représentera le Pays basque à la finale mondiale de la Startup World Cup, à Silicon Valley. Un prix d’un million de dollars est en jeu, mais l’essentiel est ailleurs : rencontrer des investisseurs et préparer l’entrée sur l’énorme marché américain de la santé numérique.
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