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Renault va supprimer 800 postes d’ingénieurs en France

Renault envisage de supprimer 800 postes au sein de ses équipes d’ingénierie en France d’ici fin 2027. L’objectif est d’aller plus vite face aux constructeurs chinois, tout en recrutant dans l’électrique, le logiciel et l’IA.

Renault veut alléger la mécanique interne. Le constructeur français envisage de supprimer 800 postes dans son département d’ingénierie en France d’ici la fin 2027, a indiqué cette semaine à la presse Maximilien Fleury, directeur des ressources humaines de Renault pour la France.

Les constructeurs chinois imposent la cadence

Le groupe entend procéder par départs volontaires. En France, ses équipes d’ingénierie comptent environ 5.500 salariés, soit près de la moitié de ses effectifs mondiaux dans ce domaine. Cette coupe fait partie d’un plan plus large déjà annoncé : Renault veut réduire de 15 % à 20 % ses effectifs d’ingénierie d’ici 2027.

Mais il ne s’agit pas seulement de faire moins. Renault cherche à faire autrement. Jusqu’à 2.500 salariés doivent être formés à de nouveaux métiers, tandis que 150 à 200 recrutements sont prévus dans des secteurs jugés prioritaires : véhicules électriques, logiciel et IA. Le constructeur taille donc dans certaines équipes, mais cherche aussi à se renforcer là où l’automobile se joue de plus en plus.

Le mot d’ordre est simple : accélérer. Philippe Brunet, directeur de la technologie de Renault, l’a résumé sans détour : « Mon problème, c’est la vitesse ». Le dirigeant estime que les constructeurs chinois ont bousculé les habitudes du secteur en lançant de nouveaux modèles beaucoup plus rapidement que les acteurs historiques. Là où un constructeur traditionnel peut encore mettre quatre à cinq ans pour développer un véhicule, certains concurrents chinois seraient capables de sortir un modèle en deux ans environ. Dans une industrie déjà secouée par l’électrique, le logiciel embarqué et les prix serrés, cela commence à faire beaucoup à encaisser.

Renault n’est pas le seul à sentir la pression. « Tous les autres constructeurs souffrent, les Coréens, les Japonais en Europe, ou d’autres Européens, nous y compris. Nous devons être capables de rivaliser », a déclaré Philippe Brunet. La part de marché des constructeurs chinois en Europe a plus que triplé en deux ans. Ils restent encore loin des géants installés, mais leur progression suffit à faire bouger les lignes. Prix agressifs, modèles bien équipés, cycles de développement raccourcis : les marques européennes ne peuvent plus vraiment faire comme si ça n’existait pas.

Le projet doit être présenté aux syndicats en juillet, avant une mise en œuvre attendue à partir de septembre. Dans le paquet figure aussi une mesure qui parlera à beaucoup de salariés : réduire de 20 % le temps passé en réunion. L’annonce peut prêter à sourire, mais elle confirme que dans une industrie où les concurrents avancent vite, les chaînes de validation trop longues deviennent un vrai handicap.

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