L’euro numérique poursuit sa route à Bruxelles. La commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a adopté sa position par 43 voix pour, 14 contre et une abstention. Le texte devra encore être confirmé en séance plénière en juillet, avant les négociations avec le Conseil.
L’euro numérique avance, mais sans faire peur aux banques
Cette nouvelle forme de monnaie serait émise directement par la Banque centrale européenne (BCE). Elle pourrait être utilisée en ligne, via un système reposant sur un compte, mais aussi hors ligne, depuis un appareil. Dans ce cas, le fonctionnement se rapprocherait des espèces : si l’appareil est perdu, l’argent stocké hors ligne le serait aussi, sans remboursement. Bruxelles présente l’euro numérique comme un complément aux billets et aux pièces, pas comme leur remplaçant. L’objectif est aussi de proposer une solution de paiement publique européenne, dans un marché dominé par des acteurs privés… et souvent non européens.
Mais cette future monnaie sera loin d’être sans limites. Les particuliers ne pourraient pas détenir autant d’euros numériques qu’ils le souhaitent. Un plafond serait fixé par la Commission européenne, sur recommandation de la BCE, puis réexaminé au moins tous les deux ans. La BCE a déjà évoqué un montant de 3.000 euros, sans que ce seuil soit définitif. Les entreprises seraient encore plus encadrées. Elles pourraient accepter l’euro numérique, mais seulement le conserver pendant 24 heures avant conversion en euros « classiques ». Et personne ne toucherait d’intérêts sur ces sommes. En clair, l’euro numérique servira à payer, pas à épargner.
Ces garde-fous veulent éviter que les citoyens transfèrent massivement leurs dépôts depuis les banques commerciales vers la BCE, surtout en période de tension financière. Un euro numérique trop attractif pourrait fragiliser les banques. Le Parlement veut donc une monnaie utile, mais pas trop confortable.
Les députés insistent aussi sur la confidentialité. Le texte prévoit une protection de la vie privée « dès la conception » et « par défaut ». Des technologies pourraient permettre de vérifier des transactions sans exposer les données personnelles. La BCE n’aurait pas accès aux données d’identification des utilisateurs. Les services de base seraient gratuits : ouverture d’un compte, gestion des fonds et obtention d’au moins un moyen de paiement. Les paiements hors ligne seraient eux aussi gratuits. Les prestataires pourraient facturer des services supplémentaires, mais les frais imposés aux commerçants seraient plafonnés.
La plupart des entreprises devraient accepter l’euro numérique, avec des exceptions pour certains indépendants, petites structures ou en cas de panne. Avant le lancement, la BCE devra mener des tests pilotes, finaliser les règles et préparer l’infrastructure. Une période de déploiement d’au moins 24 mois suivrait.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.