Depuis janvier 2024, Steam demande aux développeurs de signaler si leur jeu utilise de l’intelligence artificielle. L’information apparaît ensuite sur la page du titre, avec quelques détails sur les contenus concernés : images, textes, voix, code ou autres éléments générés ou assistés.
Une case « IA » pas si anodine
Ce petit encadré devait surtout informer les joueurs. Mais il pourrait aussi avoir un effet moins agréable pour les studios. Ross Burton, responsable produit chez Game Oracle, a étudié près de 10.000 jeux sortis sur Steam entre janvier et octobre 2025. Selon ses recherches, environ 21 % des titres publiés sur la période déclaraient un usage de l’IA.
L’IA n’est plus un sujet marginal dans le jeu vidéo. La technologie sert à accélérer certaines tâches, à produire des assets, à assister l’écriture ou encore à optimiser les pipelines. Mais les joueurs ne semblent pas toujours apprécier de la voir apparaître noir sur blanc sur une fiche Steam. La boutique ne publiant pas les ventes détaillées des jeux, Game Oracle utilise donc un indicateur courant dans l’industrie : le nombre d’avis laissés par les joueurs, souvent utilisé pour estimer les performances commerciales.
Le résultat est assez parlant. Les jeux déclarant un usage de l’IA ont reçu en moyenne 4 avis pendant leur premier mois de sortie, contre 7 pour les jeux sans mention d’IA. Près de 20 % des jeux concernés n’ont obtenu aucun avis, contre 15 % pour les autres. Même les notes moyennes sont un peu plus basses : 84,6 % d’évaluations positives pour les jeux avec IA ayant au moins 100 avis, contre 88,3 % pour les autres.
Game Oracle a ensuite affiné son analyse en comparant des jeux proches : même genre, date de sortie similaire, expérience comparable du studio, présence ou non d’un éditeur. Dans ce modèle, les jeux qui déclarent utiliser l’IA recevraient environ 53 % d’avis en moins. Autrement dit, un jeu sans IA qui obtiendrait 100 avis aurait un équivalent avec IA autour de 47 avis.
L’étude ne dit pas que les joueurs boycottent massivement ces titres. Beaucoup ne lisent sans doute même pas la déclaration Steam. Ross Burton avance une autre piste : l’IA serait parfois « corrélée à d’autres décisions qui conduisent à un jeu mal conçu ». Le problème serait donc moins l’outil que la manière de s’en servir. Les petits studios sans moyens seraient peu pénalisés. En revanche, les studios établis, avec un public et une réputation à protéger, prendraient plus cher : Game Oracle évoque une baisse estimée de 40 % à 60 % des ventes lorsqu’ils déclarent un usage de l’IA.
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