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Voici la température exacte à laquelle régler votre clim cet été (et pourquoi descendre plus bas ne sert presque à rien)

Une nouvelle vague de chaleur s’installe sur la France à partir de ce lundi 6 juillet, avec un pic annoncé autour du vendredi 10 juillet et des pointes de 38 à 40°C sur la moitié sud, confirme Météo-France.

C’est la troisième séquence de fortes chaleurs de l’année, après un mois de juin qui restera comme le plus intense jamais enregistré dans l’Hexagone. Face à ce retour de la chaleur, une question très concrète se pose pour le quart des foyers français désormais équipés d’un climatiseur, combien coûte, exactement, chaque degré de fraîcheur supplémentaire ?

Un degré de moins, un coût qui grimpe vite

Une modélisation technique publiée par le comparateur papernest, fondée sur le tarif réglementé EDF en vigueur depuis février 2026 (0,194 €/kWh TTC), chiffre précisément cet écart. Sur l’ensemble d’une saison de climatisation, baisser la consigne d’un seul degré sous les 26°C recommandés par l’ADEME coûte entre 0,73 euro, dans un studio de 45 m² bien équipé, et 12,04 euros, dans une maison de 140 m² dotée d’un appareil peu performant. La relation est strictement linéaire car descendre de deux degrés coûte exactement le double d’un seul degré, ce qui fait du thermostat le levier le plus direct et le plus immédiat pour maîtriser sa facture, bien avant tout autre geste.

L’écart devient spectaculaire une fois cumulé sur l’été. Dans une maison de 140 m² équipée d’un climatiseur d’entrée de gamme, passer d’une consigne de 26°C à 20°C fait grimper la facture de climatisation de 164 à 236 euros sur la saison, soit 72 euros de plus pour un confort à peine perceptible en pratique. Pendant l’épisode de canicule qui débute cette semaine, avec un usage prolongé à huit heures par jour, la même maison peut engloutir plus de 35 euros de climatisation en seulement sept jours, contre environ 10 euros pour un équipement plus récent.

La vraie variable, ce n’est pas la taille du logement

Le chiffre le plus contre-intuitif de cette modélisation concerne l’efficacité énergétique plutôt que la surface à refroidir. Un climatiseur classé A+++ consomme 71,8 % d’électricité en moins qu’un appareil de classe G pour produire exactement le même froid, un écart qui dépend uniquement du coefficient d’efficacité saisonnier de l’appareil, fixé par la réglementation européenne. La conséquence est parlante puisqu’un appartement de 90 m² équipé d’un bon climatiseur dépense moins sur la saison qu’un studio de 45 m², deux fois plus petit, équipé d’un modèle ancien. Et une maison de 140 m² bien équipée revient deux fois moins cher à climatiser qu’un appartement de 90 m² mal équipé. La taille du logement fixe le point de départ de la facture, mais c’est l’étiquette énergétique de l’appareil qui décide de son ampleur réelle.

Remplacer un vieux climatiseur par un modèle A+++, pour un surcoût moyen d’environ 250 euros à l’achat, se rentabilise en un peu plus de deux ans dans une maison grâce aux économies cumulées, et en moins de quatre ans dans un appartement. Un calcul qui, contrairement au geste quotidien sur le thermostat, ne demande aucun effort de sobriété une fois l’investissement fait.

Ce que ces chiffres ne disent pas

Cette approche par les coûts, aussi précise soit-elle, laisse de côté un débat plus large qui traverse la France depuis plusieurs semaines. Le taux d’équipement des foyers français a bondi d’un tiers en deux ans, passant de 18 % en 2023 à 24 % en 2025 selon l’ADEME, une progression confirmée par plusieurs enquêtes indépendantes. Cette accélération se heurte pourtant à une image encore très dégradée de la climatisation car moins de deux Français sur dix la jugent respectueuse de l’environnement, selon un sondage Ipsos, et le sujet s’est invité jusque dans le débat politique, entre partisans d’un plan national d’équipement et voix qui redoutent d’aggraver le problème en y répondant par plus de climatisation.

Vincent Viguié, économiste au Cired, rappelle que l’air chaud rejeté par les compresseurs peut localement aggraver la chaleur dans les secteurs urbains denses et mal ventilés, même si l’ampleur exacte du phénomène ne fait pas consensus scientifique et varie fortement selon les études. Un immeuble climatisé rafraîchit ses occupants tout en réchauffant, un peu, la rue en contrebas.

Alors, quel est le vrai bon calcul ?

Une fois ces éléments posés, la conclusion s’impose sans avoir besoin de trancher entre pro et anti-climatisation, le geste le plus rentable n’est ni de culpabiliser à chaque degré descendu, ni de climatiser sans retenue, mais de traiter la classe énergétique de l’appareil comme le vrai levier structurant, et le thermostat comme un réglage fin plutôt qu’une variable d’ajustement permanente. Fermer ses volets aux heures chaudes, ventiler la nuit et ne climatiser que les pièces occupées coûtent zéro euro et réduisent mécaniquement la charge à évacuer, avant même d’allumer l’appareil. Pour qui envisage un remplacement, la classe énergétique prime largement sur la puissance affichée ou la taille du logement: c’est elle, et elle seule, qui décide si l’été coûtera 25 ou 165 euros de climatisation.

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