Ce dimanche 5 juillet, le conseil d’administration de la compagnie britannique a annoncé un « accord de principe » concernant une offre de rachat de six milliards d’euros déposée par le fonds d’investissement américain Castlelake. À la Bourse de Londres, le titre a bondi de près de 10% dans la foulée. Sur le papier, l’opération serait l’une des plus grosses du transport aérien européen depuis le Covid.
Un rachat discret, mais rentable
Castlelake n’est pas une compagnie aérienne. C’est un fonds basé à Minneapolis, spécialiste du financement aéronautique, qui gère autour de 37 milliards de dollars d’actifs. Le fonds connaît déjà EasyJet de l’intérieur, puisqu’il en est actionnaire depuis 2022. Après quatre refus de rachat successifs, la compagnie a fini par céder.
Il faut dire que le vrai trésor d’EasyJet ne tient pas dans son modèle low-cost, mais dans ce qu’elle possède. La compagnie exploite certains des créneaux de décollage et d’atterrissage les plus rares d’Europe, notamment sur les aéroports londoniens saturés, où la moindre place vaut une fortune. Ajoutez à cela une flotte moderne de plus de 300 Airbus, facilement revendable, et vous obtenez une petite mine d’or, que Castlelake entend bien faire fructifier.
Pour les passagers, l’addition risque de grimper
Reste la question la plus sensible : qu’est-ce que ce rachat va concrètement changer pour les passagers ? Officiellement, rien. Castlelake promet de respecter le modèle low-cost et de soutenir la modernisation de la flotte. Dans les faits, un rachat par un fonds promet surtout de placer le rendement avant le volume. Là où une compagnie cherche avant tout à remplir ses avions, un propriétaire financier cherche à maximiser la marge par siège.
Concrètement, les routes peu rentables pourraient être coupées, pour recentrer le transporteur sur les liaisons qui rapportent. Pour les employés, il y a aussi la question sociale. EasyJet emploie près de 19 000 personnes, et les rachats sont souvent synonymes de pressions salariales.
Rien n’est encore joué pour autant. Castlelake a jusqu’au 3 août pour transformer son accord de principe en offre ferme. L’opération devra ensuite passer le filtre des actionnaires réunis en assemblée générale, puis celui des autorités de la concurrence britanniques et européennes. Autant d’étapes où le dossier peut encore capoter.
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