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Revolut annonce 8 millions de clients en France et une croissance record

Revolut annonce 8 millions de clients en France, mais sans licence bancaire française, la néobanque reste une banque secondaire pour la plupart.

L’entreprise en profite pour dérouler une série de chiffres impressionnants : la croissance la plus rapide parmi ses 40 marchés, 2,5 fois plus de téléchargements que son plus proche concurrent bancaire, et une place devant Instagram ou TikTok au classement des applications les plus installées.

La France, second marché mondial de la néobanque

La France comptait déjà 7 millions de clients en avril 2026, dont 2,5 millions gagnés sur la seule année 2025, ce qui en faisait alors le marché européen à la croissance la plus rapide du groupe. Passer à 8 millions trois mois plus tard confirme cette dynamique, portée par un rythme de recrutement de plus de 500 000 nouveaux clients sur le seul dernier trimestre selon le communiqué. À l’échelle mondiale, Revolut revendique 75 millions de clients, une hausse notable par rapport aux 70 millions annoncés en mars 2026, pour une valorisation de 75 milliards de dollars après une levée de fonds secondaire bouclée en novembre 2025. Le chiffre d’affaires du groupe a atteint 5 milliards d’euros en 2025, contre 3,7 milliards un an plus tôt.

Cette croissance s’accompagne d’un ancrage physique renforcé. Le nouveau siège Europe de l’Ouest, annoncé lors du sommet Choose France, doit ouvrir début 2027 rue Réaumur, dans le quartier du Sentier à Paris, sur 2 400 m² dédiés au pilotage d’un bassin de plus de 25 millions de clients incluant l’Italie et l’Allemagne. L’investissement cumulé dépasse désormais le milliard d’euros, et l’effectif francilien doit atteindre 650 salariés d’ici 2030, porté par le recrutement de figures reconnues du secteur bancaire français comme Frédéric Oudéa, ancien patron de la Société Générale, nommé président Europe de l’Ouest.

Revolut reste une banque secondaire

Revolut opère en France via une licence bancaire européenne obtenue en Lituanie, et non via une licence bancaire française. Cette distinction surprend souvent, y compris des clients de longue date car un IBAN commençant par FR ne signifie pas que la banque dispose d’un agrément français. Le mécanisme s’appelle le passeport européen, il permet à une banque agréée dans un État membre d’opérer dans toute l’Union sans agrément local séparé, en ouvrant simplement une succursale supervisée sur place, en l’occurrence par l’ACPR pour la partie contrôle et conformité, sans que cette dernière ne délivre elle-même la licence. Concrètement, cela signifie que l’entreprise ne peut proposer ni prêt immobilier réglementé, ni épargne réglementée type Livret A, LDDS ou PEA, ni assurance-vie, des produits qui structurent justement la relation de long terme entre un Français et sa banque principale et qui exigent, eux, un agrément local en propre. Revolut reste donc pour une large majorité de ses millions de clients hexagonaux, une banque annexe, utilisée pour les paiements à l’étranger ou la gestion budgétaire au quotidien, rarement pour y domicilier l’ensemble de ses revenus et de son épargne.

La demande de licence bancaire française, déposée formellement auprès de l’ACPR en juillet 2025, serait en bonne voie selon plusieurs sources spécialisées, mais elle n’a toujours pas abouti à ce jour. Interrogée en avril 2026 sur une possible obtention dans l’année, Béatrice Cossa-Dumurgier restait elle-même prudente : “Espérons que oui, mais nous ne savons pas, et je ne veux pas presser les choses.” À ne pas confondre avec une autre licence, bien réelle celle-ci, Revolut a obtenu en 2026 son agrément bancaire complet au Royaume-Uni, au terme d’une procédure entamée en 2021, un dossier entièrement distinct du cas français et qui ne change rien au statut des clients hexagonaux. Neuf ans après son arrivée en France, Revolut promet la licence française depuis plusieurs mois sans date ferme de délivrance, ce qui relativise largement l’ambition affichée de devenir “la banque de référence en France” tant que ce verrou réglementaire n’est pas levé.

Une conquête commerciale indéniable, une transformation encore inachevée

Revolut a incontestablement gagné la bataille de la notoriété et de l’acquisition en France, au point de talonner des applications parmi les plus installées du pays toutes catégories confondues. Mais transformer cette base d’utilisateurs en véritables clients bancaires principaux, ceux qui y domicilient leur salaire, leur épargne et leurs projets immobiliers, reste un chantier non achevé, suspendu à l’obtention d’une licence bancaire française que l’entreprise promet depuis des mois sans date certaine. Tant que ce verrou persiste, les 8 millions de comptes annoncés aujourd’hui restent une mesure d’audience impressionnante, pas encore la preuve d’un basculement réel du marché bancaire français vers Revolut.

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