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178 utilisateurs de Coco interpellés pour pédocriminalité, que fait la justice ?

178 utilisateurs du site Coco viennent d’être interpellés pour pédocriminalité en juillet 2026. Mais le vrai problème, c’est que cette plateforme « fermée » en 2024 n’a jamais réellement disparu.

Le site a officiellement été fermé en 2024. En réalité, il a juste changé de nom, plusieurs fois, en exploitant les mêmes failles, encore et encore. Coco.gg, connu comme un repaire notoire de pédocriminels depuis des années, a connu ce parcours absurde : fermée en juin 2024 après enquête, la plateforme a refait surface dix-huit mois plus tard sous le nom Cocoland en avril 2026, avant d’être rattrapée par une nouvelle opération entre mai et juin 2026.

Une plateforme construite sur des fondations pourries

À l’époque comme il y a quelques mois, les comportements illégaux étaient plus que légion sur Coco : ils étaient largement facilités. Absence de vérification de l’identité lors de la création des profils, modération insuffisante des contenus, profils de mineurs et de majeurs mélangés dans des salons de discussion souvent explicites… Le retour de Cocoland n’avait pas changé quoi que ce soit à la situation. En avril 2026, il ne nous avait fallu que quelques minutes pour être exposés à des contenus sexuellement explicites, alors même que nous avions précisé être mineur.

Pendant des années, Coco et ses héritiers ont été le terrain de jeu idéal des prédateurs. Les agresseurs ont utilisé ce type de plateformes pour entrer en contact, avec des victimes potentielles, mais aussi avec d’autres agresseurs. Plusieurs affaires médiatisées, dont celle des viols de Mazan, l’ont prouvé.

Lorsque le site a refait surface à la mi-avril 2026 sous le nom de Cocoland après 18 mois d’absence, ses administrateurs promettaient « Un service entièrement nouveau, indépendant et sans aucun lien juridique ou organisationnel avec l’ancien site Coco ». Il n’aura fallu que quelques mois supplémentaires pour leur donner tort. Même serveurs, mêmes logiques de modération laxiste, même absence de vérification. En ce début juillet 2026, confirment nos confrères du Parisien, la justice a lancé une opération d’« ampleur nationale » avec 762 gendarmes et des partenariats européens pour en venir à bout une deuxième fois.

Nouvelles interpellations pour Coco

À l’issue de cette dernière opération, sept peines d’emprisonnement ferme, deux peines d’emprisonnement avec sursis, 19 placements en détention provisoire, 19 placements sous contrôle judiciaire et 22 convocations devant la justice ont été prononcées. Au total, 178 internautes ont été interpellés, dont bon nombre avaient déjà été sanctionnés par la plateforme pour comportements jugés problématiques, avant de revenir comme si de rien n’était.

On peut évidemment se féliciter de cette vague d’interpellations. Reste que le problème est loin d’être réglé : après Coco et Cocoland, d’autres sites viendront pour faciliter la vie des délinquants et des criminels sexuels. C’est dans ce contexte que la mise en place d’une majorité numérique prend tout son sens, estime désormais le gouvernement, qui tenait hier une session de travail public sur la question.

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