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Ce jeu vidéo va être remboursé par la Sécurité sociale, et c’est une première

La Haute Autorité de Santé vient de donner son feu vert à la prise en charge d’un jeu vidéo par l’Assurance maladie.

Terminé l’opposition binaire entre les écrans responsables de tous les maux et la santé des enfants. Après des années de discours culpabilisants sur le gaming, la science découvre (enfin) qu’il peut être un outil thérapeutique. 8 à 10 % des enfants scolarisés en France souffrent de dyslexie, et la plupart d’entre eux attendent des mois, parfois plusieurs années, avant d’obtenir un premier rendez-vous chez un orthophoniste. Face à ce désert médical généralisé, une application pensée comme un jeu vidéo vient d’obtenir un avis que personne n’attendait vraiment sur le terrain médical français.

Poppins, le jeu qui soigne entre deux séances

L’application s’appelle Poppins. Développée depuis 2017 par une équipe issue de l’École polytechnique autour de François Vonthron, en collaboration avec une centaine d’orthophonistes et les services hospitaliers de la Pitié-Salpêtrière et de la Timone à Marseille, l’application repérée par nos confrères de BFMTV cible les enfants de sept à onze ans diagnostiqués dyslexiques. Le trente juin 2026, la Haute Autorité de Santé lui a accordé un avis favorable à la prise en charge anticipée, une procédure rare réservée aux dispositifs jugés suffisamment prometteurs pour être remboursés avant même la fin complète de leur évaluation.

Concrètement, Poppins se joue sur smartphone ou tablette, à raison de sessions quotidiennes d’une vingtaine de minutes, découpées en mini-jeux de deux à trois minutes. L’enfant y fait progresser un personnage, débloque des trophées et enchaîne des niveaux qui sont en réalité des exercices cognitifs calibrés : travail sur les syllabes, la reconnaissance des mots, la coordination. Rien de très différent, dans la forme, d’un jeu mobile classique. Sauf que celui-ci a été conçu avec l’ambition explicite de s’intégrer dans un parcours de soin.

L’appui scientifique n’est pas anecdotique. Une étude clinique en double aveugle, publiée dans Scientific Reports, a montré que les enfants utilisant Poppins lisaient en moyenne 4,7 mots corrects de plus en deux minutes que ceux d’un groupe témoin. Un résultat suffisant pour convaincre la HAS d’accélérer, mais pas suffisant pour clore le dossier : l’autorité sanitaire réclame des données complémentaires sous six mois, certaines études présentées par l’entreprise s’étant révélées moins concluantes sur la compréhension globale du langage écrit, un aspect pourtant central du trouble.

Un remboursement sous conditions, et pas avant septembre

Rien n’est encore définitif. L’avis de la HAS doit désormais être confirmé par le ministère de la Santé, avec un remboursement effectif espéré à partir de septembre 2026, pour une durée initiale d’un an. L’accès ne sera pas libre : il faudra une prescription médicale, délivrée par un médecin ou, fait notable, directement par un orthophoniste, l’une des rares professions paramédicales autorisées à prescrire un dispositif médical numérique de ce type. Poppins restera surtout cantonné à un rôle de complément : la prise en charge sera conditionnée à un suivi orthophonique parallèle, sans quoi le dispositif ne sera pas remboursé.

En attendant l’arrêté officiel, l’abonnement se négocie entre 26 et 39 € par mois,, un tarif que certaines mutuelles ont déjà commencé à couvrir de leur propre initiative. Poppins n’est d’ailleurs pas un cas isolé : c’est le deuxième dispositif médical numérique à recevoir un avis favorable de remboursement en France, après Ludocare, une application destinée aux enfants asthmatiques validée en avril 2026. De quoi dessiner, timidement, une nouvelle catégorie de soins made in France. L’Allemagne, elle, rembourse déjà une cinquantaine de dispositifs numériques comparables.

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