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Micromania plus que jamais au bord du game over, GameStop ferme 400 magasins

Alors que l’enseigne française attend désespérément un repreneur depuis bientôt un an, sa maison-mère GameStop vient de claquer la porte de 400 magasins supplémentaires

Débute d’année 2026 très morose pour les employés de GameStop aux USA. Des centaines d’entre eux ont découvert que leur magasin fermait ses portes en arrivant au travail. Pas de réunion, pas d’email personnalisé, juste une feuille imprimée collée sur la devanture avec un QR code offrant 20 % de bonus sur les reprises. La classe à l’américaine quoi.

Selon les estimations qui circulent sur les réseaux sociaux et les blogs spécialisés, entre 296 et 400 magasins GameStop ont fermé ou vont fermer leurs portes d’ici fin janvier 2026. C’est massif, surtout quand on sait que l’entreprise avait déjà liquidé 590 points de vente durant l’année fiscale 2024. GameStop comptait 2 325 magasins aux États-Unis début 2025. À ce rythme-là, il n’en restera bientôt plus un.

Un PDG qui vise le jackpot pendant que tout s’effondre

Pendant que des employés découvrent qu’ils sont virés à l’aide d’une feuille A4 collé sur leur vitrine, Ryan Cohen pourrait empocher jusqu’à 35 milliards de dollars en stock-options. Pour toucher ce pactole délirant, Cohen doit multiplier par dix la valorisation de GameStop et atteindre les 100 milliards de dollars de capitalisation boursière. Actuellement, l’entreprise pèse 9,5 milliards.

Les employés licenciés, eux, ont eu droit à quelques jours de préavis dans le meilleur des cas. Certains magasins performants ont fermé sans crier gare, prouvant que cette vague de licenciements ne suit aucune logique économique apparente. Sur Reddit, les témoignages se multiplient. « On est juste du bétail pour eux, des chiffres sur un tableur qu’ils effacent quand ça les arrange », résume un employé désabusé.

Micromania attend toujours le prince charmant

En France ? La situation n’est pas forcément beaucoup plus réjouissante. Micromania est officiellement à vendre depuis février 2025. GameStop cherche un repreneur pour ses 300 magasins français et ses 1 200 employés et personne ne s’est encore manifesté. L’enseigne continue à fonctionner normalement, mais dans les faits, c’est du sursis.

L’exemple allemand fait froid dans le dos. Faute de repreneur, tous les magasins GameStop outre-Rhin ont fermé leurs portes fin janvier 2025. L’Italie a eu plus de chance : Cidiverte a racheté les boutiques qui sont devenues des magasins Gamelife. Mais pour la France, toujours rien. Le marché français du jeu vidéo physique représente encore 21 % des ventes, contre 20 % au Royaume-Uni. Une situation qui pourrait théoriquement intéresser un repreneur, mais visiblement pas assez pour sauter le pas.

Micromania a bien tenté de s’adapter en fusionnant avec Zing pour vendre des produits dérivés, des figurines et du merchandising. Une stratégie qui a permis de ralentir l’hémorragie sans l’arrêter. Les accessoires et consoles représentent désormais plus de 50 % du chiffre d’affaires, mais ça ne suffit plus face à Amazon, la Fnac, Boulanger et les plateformes dématérialisées qui dominent le marché.

La mort lente du jeu vidéo physique

GameStop incarne parfaitement l’agonie d’un modèle économique dépassé. Le dématérialisé explose, les consoles sans lecteur de disque se multiplient et les services d’abonnement comme le Xbox Game Pass changent complètement les habitudes des joueurs.

L’entreprise a bien essayé de pivoter vers les NFT et les cryptomonnaies, investissant plus de 519 millions de dollars en Bitcoin. Une stratégie que l’économiste Peter Schiff a qualifiée de « dernier Hail Mary d’une entreprise sans plan viable ». GameStop se retire aussi progressivement de l’international : après l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, la Suisse et l’Irlande, c’est maintenant le Canada et potentiellement la Nouvelle-Zélande qui sont dans le viseur.

Le vrai drame, c’est que GameStop était autrefois LE magasin de référence pour les gamers. Un lieu de rencontre, un point de ralliement pour les sorties de jeux majeurs, un endroit où on pouvait échanger avec d’autres passionnés et obtenir des conseils avisés. Cette époque semble définitivement révolue. Les magasins deviennent des coquilles vides, avec des rayons clairsemés.

Pour Micromania, chaque jour qui passe sans repreneur rapproche l’enseigne du même sort que ses homologues allemands. Les 1 200 employés français vivent dans l’incertitude totale, ne sachant pas si leur magasin sera le prochain sur la liste. Et pendant ce temps, Ryan Cohen mise tout sur le pari quasi impossible de transformer GameStop en empire de 100 milliards de dollars. Un rêve totalement déconnecté d’une réalité où les clients achètent massivement leurs jeux en ligne et où les magasins physiques ferment par centaines.

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