Votre petit boîtier Android TV acheté à prix cassé peut diffuser Netflix, YouTube et quelques chaînes plus ou moins officielles. Il peut aussi, visiblement, avoir une deuxième activité : participer à des attaques informatiques pour le compte d’inconnus.
Une attaque venue de chez le voisin
Le FBI a annoncé la saisie, début juillet, de plusieurs noms de domaine associés à NetNut, une plateforme vendant des proxys résidentiels, des services qui permettent de faire passer son trafic internet par la connexion d’autres particuliers. L’opération a été menée avec le ministère américain de la Justice, l’administration fiscale et Google, entre autres.
NetNut aurait donné accès à un réseau comprenant environ deux millions de téléviseurs Android, de boîtiers multimédias et d’autres appareils connectés compromis. Ces machines étaient notamment utilisées pour tester automatiquement des mots de passe, exploiter des identifiants volés ou récupérer des données en masquant l’origine véritable du trafic. Le site de NetNut affiche désormais un avis du FBI. Google affirme que l’intervention a fortement dégradé les activités de la plateforme et réduit de plusieurs millions le nombre d’appareils disponibles.

Les proxys résidentiels servent d’intermédiaires entre un utilisateur et les sites qu’il consulte. Le trafic transite par l’adresse IP d’un particulier plutôt que par un serveur classique. Pour les services en ligne, la connexion ressemble donc à celle d’un internaute parfaitement ordinaire.
Un pirate situé à l’autre bout du monde peut ainsi donner l’impression d’agir depuis la maison d’en face. Pratique pour contourner les systèmes de détection, beaucoup moins pour le propriétaire de la connexion. Ces réseaux ne sont pas illégaux en eux-mêmes. Ils peuvent servir à vérifier des publicités, effectuer des tests de sécurité ou consulter des contenus bloqués dans certaines régions. Tout dépend de la manière dont les appareils sont « recrutés » et de ce que les clients font ensuite avec leurs accès.
Les enquêteurs ont établi que le trafic de ces machines était proposé à des clients de NetNut. La société israélienne Alarum Technologies, propriétaire de la plateforme, exploitait donc un service à l’apparence officielle, mais alimenté en partie par des appareils compromis.
La plupart des appareils infectés étaient des boîtiers Android de marques inconnues vendus à bas prix sur Amazon, Temu ou AliExpress. Beaucoup fonctionnaient avec de vieilles versions d’Android, dépourvues de correctifs récents. Google recommande donc de privilégier des fabricants reconnus, des versions récentes d’Android et des appareils recevant encore des mises à jour. Ce conseil vaut aussi pour les caméras, prises intelligentes et autres objets connectés.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.