Uber sort les ciseaux dans son organisation interne. Ce mercredi 2 septembre, le groupe de VTC et de livraison a annoncé une réduction de 10 % de ses effectifs corporate. L’entreprise comptait environ 34.000 salariés fin 2025, ce qui permet d’estimer la coupe à quelque 3.300 postes.
L’IA n’est pas en cause, pour une fois
Dans un message envoyé aux employés, le CEO Dara Khosrowshahi explique que l’objectif est de rendre Uber « plus simple et plus rapide ». Les suppressions concernent surtout les postes liés au management et à la coordination. En clair, Uber estime qu’avec sa croissance des dernières années, trop de décisions passaient par trop d’étapes.
Le patron du groupe assure que ces changements ne remettent pas en cause le travail des salariés concernés. Selon lui, l’entreprise a beaucoup grandi depuis cinq ans, avec un chiffre d’affaires qui a presque triplé, mais elle a aussi accumulé des couches hiérarchiques, des équipes fragmentées et des responsabilités parfois moins lisibles.
Uber va notamment réduire de près de moitié les petites équipes composées d’un manager et d’un ou deux collaborateurs directs, appelées en interne des « micro-teams ». Le groupe veut aussi réduire de 20 % le nombre de salariés très éloignés de la direction générale dans la hiérarchie. « Une organisation plus légère signifiera des responsabilités plus claires, des décisions plus rapides et plus de temps passé à construire plutôt qu’à coordonner », écrit Dara Khosrowshahi.
La réorganisation passe aussi par des regroupements. Dans la livraison, Uber va réunir des équipes jusqu’ici séparées entre restaurants, commerce de détail et livraisons directes. Dans la tech, certaines équipes d’ingénierie et de science vont également être rapprochées. Le travail à distance, lui, va devenir nettement plus rare. Uber veut concentrer ses équipes dans un nombre plus limité de grands bureaux, notamment New York et San Francisco pour les fonctions mondiales. Les équipes régionales, locales et technologiques seront elles aussi rattachées à des hubs précis.
La règle des trois jours par semaine au bureau reste en place, mais l’entreprise veut aller plus loin : à terme, moins de 1 % des effectifs corporate pourront travailler entièrement à distance. Pour beaucoup de salariés, le trajet du matin va donc refaire partie du quotidien. Uber ne lie pas cette vague de licenciements à l’intelligence artificielle, contrairement à d’autres entreprises ces derniers mois. Le groupe avait toutefois déjà supprimé des postes dans le service client en juillet, en invoquant cette fois l’usage accru de l’IA.
Les économies doivent aider Uber à investir dans ses priorités, dont les véhicules autonomes, un secteur où l’entreprise prévoit de mettre plus de 10 milliards de dollars dans les prochaines années.