Comme le dit une célèbre réplique dans Hot Shots! : “T’aurais tort de signer un chèque si t’as pas le fric en caisse.” Alors, stricto sensu, pour le groupe Qiddiya, le fric en caisse n’est pas un problème puisque les Saoudiens ont allongé six milliards d’euros sur la table pour récupérer les 55 hectares de Mirapolis pour en faire un parc d’attractions autour de trois thèmes, dont un consacré à Dragon Ball. C’était d’ailleurs LA grosse annonce, celle qui a permis de vendre le projet, puisque les deux autres thèmes ne sont pas encore actés. Depuis, tout le monde sabre le champagne, surtout à l’Élysée et dans le bureau de Valérie Pécresse. Sauf qu’il n’a pas fallu longtemps pour que la vérité éclate : Qiddiya n’avait absolument pas encore les droits pour un parc Dragon Ball, dont la licence appartient à la Toei Animation. De là à dire que la vente s’est faite sur du vent… ou comme dirait l’autre : avez-vous prévu d’avoir des Dragon Ball dans votre parc Dragon Ball ?
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. En effet, on aurait pu supposer que si l’Arabie saoudite n’avait pas obtenu les droits, des tractations devaient être en cours avec la Toei Animation, détentrice de la licence d’Akira Toriyama en ce qui concerne les produits dérivés (la réalité est plus complexe entre les droits du manga, l’animé et le merchandising). Via un communiqué officiel, la société japonaise s’est exprimée officiellement sur le sujet et la réalité est encore plus drôle.
Qiddiya s’est fait Yamcha
En effet, la Toei Animation n’a jamais été au courant de l’existence d’un tel projet. La société confirme qu’elle l’a appris, comme tout le monde, dans la presse, alors que “Toei Animation et les détenteurs des droits n’ont accordé aucune autorisation à ce sujet, et nous n’avons pas connaissance d’aucun fait de ce type”. En gros, Qiddiya Investment Company est allée voir les dirigeants français à base de “t’inquiète frère, source moi-même, tiens voilà les billets”.
Néanmoins, il convient de tempérer un minimum puisqu’il est vrai que Qiddiya et la Toei ont bel et bien eu un accord pour un parc d’attractions Dragon Ball, actuellement en construction à Qiddiya City, en Arabie saoudite. Un accord datant de mars 2024 et donc, le communiqué le précise bien, tous les visuels utilisés pour parler du parc Dragon Ball français proviennent. Les concept-arts sont donc bien réels, mais n’ont jamais été prévus pour atterrir sur notre territoire.
Reste maintenant la question à six milliards d’euros : est-ce que, suite à leur partenariat pour Qiddiya City, la Toei et le groupe saoudien vont trouver un nouvel accord pour un parc Dragon Ball en France ou, au contraire, est-ce que la firme japonaise va se braquer de ne pas avoir été consultée (à raison) et enterrer toute tentative de négociations, mettant ainsi fin au projet ? On prend les paris !