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Non, GTA n’est pas considéré comme le jeu vidéo le plus influent de la culture américaine

Doom s’octroie le plaisir de figurer parmi les 25 oeuvres américaines les plus culturellement influentes, d’après un classement du Washington Post.

Il vient de se passer une reconnaissance symbolique qui en dit long sur l’évolution du jeu vidéo en tant que bien culturel et œuvre d’art. Le Washington Post vient d’intégrer Doom à son classement des 25 œuvres les plus influentes de l’histoire américaine. Une distinction particulièrement notable puisqu’il s’agit du seul jeu vidéo présent dans cette sélection, aux côtés de monuments de la littérature, du cinéma, de la musique, de la politique, de la philosophie ou encore de la télévision.

Longtemps considéré comme un simple loisir un peu bête, le jeu vidéo s’impose donc un peu plus comme une œuvre culturelle à part entière.

Doom, le pionnier qui a changé toute une industrie

Sorti en 1993 par id Software, Doom est bien plus qu’un simple FPS. Le Washington Post rappelle qu’il a profondément transformé la manière de concevoir les jeux vidéo. À sa sortie, le titre est distribué selon le modèle du shareware. Ça signifie qu’une partie du jeu est disponible gratuitement sur Internet. Pour l’époque, il s’agit d’une stratégie révolutionnaire qui lui assure un succès immédiat. Les réseaux universitaires sont saturés et Doom se retrouve installé sur davantage d’ordinateurs que Windows 95 à certains moments.

Mais son influence dépasse largement celle de son modèle économique. Doom a contribué à populariser la vue à la première personne, à démocratiser la 3D en temps réel et a ouvert la voie au contenu créé par les joueurs grâce aux outils mis à disposition par John Carmack. Bien avant que le terme “user-generated content” n’existe, la communauté créait déjà ses propres niveaux et ses propres expériences.

On ajoutera qu’il a marqué toute une génération de joueurs qui s’empresse aujourd’hui de vouloir faire tourner le jeu sur n’importe quel écran, de celui d’un MP3 à celui d’une tondeuse connectée, en passant par les consoles miniaturisées. Qui peut faire mieux que Doom à ce niveau là ?

La culture geek est représentée

Si Doom est le seul représentant du jeu vidéo, il est loin d’être le seul symbole de la culture geek dans cette liste. Du côté de la pop culture on retrouve aussi Mickey Mouse, qui a évidemment été le point de départ de tout ce qu’on connaît de Disney aujourd’hui : les parcs d’attraction, Disney+, les princesses et les histoires déchirantes. Véritable icône de l’animation américaine depuis près d’un siècle, on retrouve à ses côtés Les Simpson, récompensés pour leur influence culturelle sur la période 1986-1995.

Le cinéma de science-fiction n’est pas oublié non plus avec The Matrix, dont l’impact sur Hollywood, la pop culture et même notre manière de penser le rapport entre réalité et technologie continue encore aujourd’hui. Autant d’œuvres qui montrent que la culture populaire est désormais pleinement considérée comme un patrimoine culturel, elle qui côtoie l’émission de télé-réalité des Kardashian et Le Sens Commun de Thomas Paine.

Mais où est GTA ?

Impossible toutefois de ne pas remarquer une absence. Pour beaucoup de joueurs, Grand Theft Auto représente probablement LA licence vidéoludique américaine la plus influente de tous les temps. GTA III a révolutionné le monde ouvert, GTA V est devenu le deuxième jeu le plus vendu de l’histoire derrière Minecraft, et GTA Online continue d’influencer l’industrie plus de dix ans après son lancement.

Pourtant, aucune trace de Rockstar Games dans cette sélection. Un jeu vidéo a été choisi, et ce n’était pas celui que la plupart des joueurs mettraient aujourd’hui au classement. Ce choix n’enlève rien à l’importance de Doom, dont l’influence historique est difficilement contestable. Sans lui, le FPS moderne n’existerait probablement pas sous sa forme actuelle. Mais il montre aussi à quel point il reste difficile de résumer près de cinquante ans d’histoire du jeu vidéo à un seul titre.

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