Bryan Johnson a encore trouvé une manière modeste de présenter ses expériences sur la longévité. Après avoir annoncé souffrir d’une gastrite auto-immune « incurable », le milliardaire affirme désormais s’être « cloné en bébé ». « Ce bébé Bryan vit pour le moment dans une boîte de Petri », a-t-il écrit le 21 juillet sur les réseaux sociaux. Cette supposée copie miniature pourrait, selon lui, lui fournir du sang, servir à tester des traitements et même produire un jour des organes destinés à lui être transplantés.
Un « bébé » composé de quelques cellules reprogrammées
Il ne s’agit évidemment pas d’un bébé, ni d’un clone. Bryan Johnson possède vraisemblablement des cellules souches pluripotentes induites, ou iPSC. La différence est assez importante, même si elle rend la publication nettement moins spectaculaire.
I just cloned myself…as a newborn
With this clone, I can:
+ become my own blood boy
+ test therapies on the clone
+ grow organs for transplantation
+ develop new treatments
+ inject young cellsThis baby-bryan lives in a petri dish for now.
This may be scary to some… pic.twitter.com/Ved8ij9Col
— Bryan Johnson (@bryan_johnson) July 21, 2026
Les iPSC sont obtenues en prélevant des cellules adultes, par exemple dans la peau ou le sang, puis en les reprogrammant afin qu’elles retrouvent un état proche de celui de cellules embryonnaires. Elles peuvent ensuite être transformées en plusieurs types de cellules du corps.
La technologie est bien réelle et très utile. Les chercheurs s’en servent notamment pour étudier des maladies, tester des médicaments ou développer des thérapies mieux adaptées au patrimoine génétique d’un patient. Elle ne produit toutefois pas un nouvel individu miniature attendant gentiment son heure dans un laboratoire. Dire « je me suis cloné en nouveau-né » laisse entendre qu’un véritable clone humain a été créé, alors qu’il s’agit de cellules de laboratoire.
Bryan Johnson a bien fait produire des cellules pluripotentes à partir de son organisme, mais son « bébé Bryan » relève surtout de la communication. Le milliardaire assure que ces cellules pourraient l’aider à réparer ses poumons, restaurer sa vue ou faire repousser des organes. Il va ici beaucoup plus vite que la recherche. Les scientifiques savent fabriquer des organoïdes, de petites structures qui reproduisent certaines fonctions d’un organe. Mais un cœur, un rein ou un foie complet est infiniment plus complexe : il faut organiser plusieurs types de cellules, créer des vaisseaux sanguins et obtenir un ensemble suffisamment stable pour être transplanté.
Aucune technique fiable ne permet actuellement de produire sur commande un organe complet à partir des iPSC d’un patient. Des essais cliniques étudient bien des cellules dérivées d’iPSC contre la maladie de Parkinson, l’insuffisance cardiaque ou certaines formes de cécité. Cela reste très éloigné du catalogue de pièces détachées décrit par Johnson. Son affirmation selon laquelle cette technologie offrirait « une voie pour inverser le vieillissement » n’est donc pas démontrée. Les iPSC pourraient jouer un rôle majeur dans la médecine de demain. Pour l’instant, Bryan Johnson possède surtout des cellules intéressantes… et un sens très développé de la mise en scène.
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