Une plateforme qui coupe un argument commercial massue sans baisser son prix, puis qui le rétablit quelques jours plus tard sans donner de calendrier précis à ses abonnés, tout en admettant que la réparation ne fonctionnera pas partout. Pas de Kamoulox ici, c’est exactement ce que viennent de vivre les abonnés Premium de Disney+ en France, pris en étau dans un bras de fer juridique qui les dépasse largement.
Un troisième épisode d’une interminable bataille de brevets
Disney France a confirmé le rétablissement progressif de la 4K UHD. Dans un message transmis à la presse, l’entreprise indique « à la suite d’une récente décision de justice, nous avons mis en œuvre une technologie alternative qui nous permet de rétablir progressivement l’accès à la 4K UHD sur Disney+ en France. La 4K UHD peut toutefois demeurer temporairement indisponible sur certains appareils pendant cette phase de transition. Nous sommes conscients de la gêne que cela peut représenter pour nos abonnés et mettons tout en œuvre pour élargir rapidement la compatibilité des appareils et rétablir, dès que possible, l’accès à la 4K UHD ainsi qu’au format HDR ».
Pour comprendre ce revirement, il faut remonter à la fin du mois de juillet. C’est à ce moment que la 4K Ultra HD et le HDR avaient brutalement disparu de l’offre Premium, facturée près de 16 € par mois, sans baisse de tarif. En cause, une injonction obtenue par la société américaine InterDigital auprès d’un tribunal allemand, dans le cadre d’un litige portant sur des brevets liés au codec HEVC. Cette décision concernait plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne et l’Italie, forçant Disney+ à couper purement et simplement l’accès à la 4K sur ces territoires.
Ce n’était malheureusement pas une première pour les abonnés Premium. Dès février, le Dolby Vision, le HDR10+ et la 3D avaient déjà été retirés de la plateforme à la suite d’un litige similaire, avant un retour partiel en mars. Un scénario qui semble se répéter avec une régularité inquiétante, chaque nouvelle bataille juridique se traduisant par une dégradation temporaire de l’offre la plus chère du catalogue.
Une solution de contournement technique, mais encore incomplète
Pour sortir de l’impasse, Disney+ aurait opté pour un changement de codec, en abandonnant le HEVC au cœur du litige au profit du VP9, une technologie développée par Google et libre de droits. Un choix qui expliquerait pourquoi certains appareils peinent encore à afficher la 4K, tous les téléviseurs, box internet, boîtiers multimédias et consoles ne prenant pas nécessairement en charge ce format de compression de la même manière.
Concrètement, les abonnés devront donc s’armer de patience selon leur configuration. Un téléviseur récent pourrait retrouver la 4K sans délai, tandis qu’un boîtier plus ancien ou une console de jeu pourrait rester bloqué en full HD encore un peu, le temps que Disney+ finalise le déploiement de sa solution sur l’ensemble de son écosystème d’appareils compatibles.
Reste une question pour le moment sans réponse : quid du dédommagement ? Aucune compensation automatique n’a été annoncée pour l’ensemble des utilisateurs Premium ayant payé plein tarif. Une zone grise qui laisse un goût amer à une partie des abonnés, échaudés par la répétition de ces incidents et par le flou entretenu autour de leurs conséquences financières. D’autant plus que si Disney+ semble avoir trouvé une parade technique à son différend avec InterDigital, rien ne garantit que ce type d’épisode ne se reproduise pas.
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