Passer au contenu

Invasion de physalies venimeuses en France : pourquoi ce phénomène inquiète les scientifiques ?

Les drapeaux rouges et violets se multiplient sur le littoral landais depuis fin juillet.

Depuis la fin du mois de juillet 2026, le littoral atlantique vit au rythme d’un envahisseur venu d’ailleurs. De Tarnos à Biscarrosse, en passant par Hossegor, Capbreton, Vieux-Boucau, Soustons ou Mimizan, de nombreuses plages ont fermé temporairement, tandis qu’à San Sebastian, de l’autre côté de la frontière, 120 personnes ont été piquées en un seul week-end, dont deux ont dû être hospitalisées, rapporte le journal Sud Ouest.

Une espèce qu’on ne croise presque jamais en été

La physalie, souvent surnommée « vessie de mer », n’est pas une méduse. Il s’agit d’un siphonophore, un organisme composé de plusieurs individus spécialisés vivant en colonie, capable de flotter grâce à une poche gazeuse bleutée qui peut facilement être confondue avec un ballon de baudruche échoué sur le sable. Ses filaments, parfois longs de plusieurs mètres, restent urticants même une fois l’animal mort.

Le problème, c’est que le dérèglement climatique vient largement perturber le calendrier. Une étude publiée en 2025 dans la revue Frontiers in Marine Science montre que l’arrivée des physalies sur les côtes atlantiques est habituellement liée aux vents et courants des mois d’hiver, lorsque les systèmes dépressionnaires poussent les colonies depuis leur habitat océanique naturel vers les côtes européennes. Un échouage massif en plein mois d’août, au milieu des touristes, sort donc largement du schéma classique. Des épisodes similaires avaient déjà été observés en 2018 et en 2022, mais la concentration actuelle sur le littoral landais impressionne, et inquiète.

Comment réagir en cas de piqûre ?

Le contact avec une physalie provoque une douleur immédiate, accompagnée de marques rouges sur la peau, parfois de crampes musculaires ou de nausées. Dans de rares cas, la réaction peut être allergique et nécessiter une prise en charge médicale d’urgence. La consigne des secours va à l’encontre du réflexe naturel : il ne faut surtout pas rincer la zone touchée à l’eau douce, qui a tendance à aggraver la douleur en libérant davantage de venin contenu dans les cellules urticantes encore actives. Il faut au contraire rincer à l’eau de mer, retirer les éventuels filaments restants à l’aide de sable plutôt qu’avec les doigts, puis appliquer de l’eau chaude sur la zone. En cas de symptômes qui persistent ou s’aggravent, direction les urgences. Et n’essayez pas d’uriner sur la blessure pour faire passer votre brûlure. Ce remède de grand-mère n’est pas efficace, et il peut même aggraver la situation, en retardant une prise en charge par les secours en cas de complication.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode