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Le poulet industriel serait responsable d’une épidémie de gastro-entérites

Selon une étude menée par l’Université d’Oxford, l’explosion de l’élevage industriel de poulets provoquerait l’augmentation de cas de gastro-entérites chaque année.

Qu’est-ce que la Campylobacter ? Il s’agit d’une infection transmise à l’humain par la consommation de viande de volaille contaminée. Elle peut provoquer diarrhée, douleurs abdominales, malaises, fièvres, maux de tête, nausées, vomissements pendant 1 à 2 semaines, 2 à 5 jours après avoir consommé la dite viande. Et, dans de rares cas, elle peut être mortelle.

Bref, l’infection est très courante et c’est l’une des causes majeures des cas de gastro-entérite. Selon l’OMS : “les maladies diarrhéiques sont les maladies les plus courantes causées par des aliments impropres à la consommation : 550 millions de personnes malades chaque année (dont 220 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans). Campylobacter est l’une des 4 principales causes mondiales de maladies diarrhéiques.”

C’est bien (pas) beau tout ça, mais si on vous en parle, c’est parce qu’une étude de l’Université d’Oxford publiée fin juillet a mis en évidence que l’augmentation de l’infection était corrélée à l’expansion de l’élevage industriel de poulets. Un élevage qui a été multiplié par sept depuis les années 60, pour atteindre aujourd’hui 31 milliards de volailles, soit 70% de la population aviaire.

Une infection plus puissante

Pour réaliser cette étude, les chercheurs d’Oxford ont analysé près de 2800 génomes bactériens sur des poulets et oiseaux sauvages, provenant de 30 pays entre 1979 et 2024. Selon le communiqué : “L’élevage industriel a créé l’un des plus vastes habitats pour animaux de la planète. Nos résultats apportent de nouvelles preuves que les changements environnementaux induits par l’Homme peuvent favoriser la propagation de maladies infectieuses. Avec l’accroissement des populations de poulets, les bactéries autrefois largement confinées aux oiseaux sauvages ont eu bien plus d’occasions de pénétrer dans les élevages avicoles, de s’y propager et de s’y implanter. Comprendre ces conséquences évolutives est essentiel pour réduire les risques futurs liés aux zoonoses et à l’antibiorésistance.”

En gros, le Campylobacter a réussi à se multiplier, tout comme d’autres souches bactériennes dans le surélevage. Là où avant, la bactérie pouvait disparaître dans les petits élevages, l’industrialisation de ces derniers lui permet de s’y maintenir. Pire, l’infection y a trouvé un terrain fertile pour se renforcer et peut, aujourd’hui, résister à pas mal d’antibiotiques. “À mesure que les souches de Campylobacter s’adaptent à la vie chez la volaille, elles peuvent acquérir des caractéristiques leur permettant de survivre dans des environnements hostiles, notamment liées à l’antibiorésistance. Comprendre comment les pratiques d’élevage influencent l’évolution bactérienne constitue une étape importante pour réduire le fardeau des maladies d’origine alimentaire”, précise le communiqué.

Alors en cas de gastro-entérite, faites attention à la provenance du poulet que vous consommez !

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