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Des chercheurs ont utilisé l’IA pour créer un nouveau virus, «sans danger» pour l’Homme

Des scientifiques de l’université de Stanford ont reconnu avoir utilisé des modèles d’intelligence artificielle pour créer des virus synthétiques.

C’est une première qui pourrait faire date dans l’histoire de la médecine moderne. Des chercheurs de l’université de Stanford ont utilisé des modèles avancés d’intelligence artificielle pour créer des virus synthétiques « entièrement nouveaux ». Ils viennent de publier les résultats de leurs expériences dans la prestigieuse revue Science.

Concrètement l’IA a été capable de « générer » un code ADN unique en se basant sur des millions de génomes différents. Les scientifiques ont utilisé l’IA pour construire un virus capable d’infecter la bactérie E. coli. Elle est responsable chaque année en France, de 160 cas d’infections sévères. Très présente en Afrique et en Asie, la bactérie peut libérer des toxines dans le tube digestif des malades, généralement après avoir ingéré une viande ou de l’eau infectée.

L’intelligence artificielle a généré des milliers de propositions différentes. Les scientifiques en ont sélectionné 300 avant de les synthétiser en laboratoire pour les tester dans des conditions réelles. Les résultats sont tout bonnement impressionnants. Sur les 300 projets retenus, 16 étaient des solutions viables, jouant un rôle majeur dans la détérioration des bactéries d’E. coli.

Des médicaments uniques et personnalisés

Pour les chercheurs, cette découverte est extrêmement intéressante. Ils assurent que cette nouvelle méthode de recherche va permettre de concevoir des traitements personnalisés bien plus efficaces que les solutions aujourd’hui utilisées.

L’intelligence artificielle pourrait générer des dizaines de combinaisons différentes pour trouver la solution parfaite et contrer une infection. Alors que les bactéries deviennent de plus en plus résistantes aux antibiotiques, cette solution pourrait permettre de reprendre l’avantage face à ces infections particulièrement dangereuses.

Mais l’utilisation de l’IA pourrait dépasser ce simple cadre et permettre aux médecins de développer des traitements uniques, sur le temps long, pour des malades chroniques ou des personnes immunodéficientes.

Le risque des armes biologiques

Dans le même temps, cette technologie pourrait être utilisée par des personnes hostiles pour développer des « super virus » extrêmement dangereux pour l’Homme. La pandémie de Covid-19, responsable de 7 millions de morts dans le monde, a été causée par un virus avec un taux de mortalité estimé entre 0,5 % et 1 %.

L’utilisation malveillante de l’IA pourrait permettre de construire des virus 10, 15 ou 20 fois plus mortels pour l’Homme. La catastrophe sanitaire serait alors sans commune mesure. Face à ces risques d’utilisation détournée de l’IA à des fins malveillantes, plusieurs scientifiques appellent à un « grand retour en arrière » sur le sujet.

Rappelons que l’utilisation de l’IA est très coûteuse énergétiquement. Les data centers qui font tourner les modèles d’IA consomment énormément d’eau pour rester à une bonne température d’utilisation. Dans le même temps, les barrettes de RAM utilisées pour traiter l’information sont remplies de terres rares, dont l’extraction représente déjà, à elle seule, une vraie question écologique.

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