Pas de réglage de trapèze manuel, pas de mise au point à tâtonner, pas de calibrage à faire soi-même. L’autofocus ImageAlign fait tout, immédiatement. Et l’image qui s’affiche n’est pas celle d’un projecteur à 1 645 euros, elle est bluffante. C’est peut-être le meilleur résumé du Leica Cine Compact 1. Un projecteur qui justifie son positionnement premium non pas par son nom, mais par ce qu’il produit réellement.
Une installation qui redéfinit le plug and play
La promesse de Leica sur l’installation est tenue. On pose le projecteur, on l’allume, et le système ImageAlign détecte la surface de projection, corrige le trapèze, effectue la mise au point et cadre l’image automatiquement. Le tout en moins de 3 secondes. Pas d’exagération, c’est immédiat, c’est plug and play dans le sens le plus littéral du terme.
Le système de rotation à 360° est l’autre atout d’installation. On peut projeter vers n’importe quel mur sans déplacer ni basculer le projecteur, simplement en orientant la tête. Combiné à la légèreté relative pour un projecteur laser (4,4 kg), le Cine Compact 1 se déplace facilement d’une pièce à l’autre. Le filetage de trépied intégré autorise une fixation au plafond propre. Le châssis aluminium avec façade en verre donne une impression de solidité et de finesse qu’on n’attendait pas dans cette catégorie.
La connectique est la seule vraie limite d’installation : une entrée HDMI 2.1 eARC et un port USB-A 3.0. Pour une source unique (console, lecteur Blu-ray, Apple TV), c’est suffisant. Pour une installation multi-sources, il faudra passer par un switch HDMI externe. À 1 645 euros, on aurait apprécié deux entrées HDMI.
Un point à ne pas négliger avant l’achat, c’est que le Cine Compact 1 n’embarque aucune batterie interne. Il doit rester branché au secteur en permanence, ce qui limite sa mobilité réelle malgré son format transportable et sa valise de rangement fournie. Ce n’est pas un défaut en soi, mais l’argument “nomade” mis en avant par Leica mérite d’être nuancé car nomade veut dire qu’on peut le déplacer facilement d’une pièce à l’autre ou l’emporter chez des amis, pas qu’il fonctionne de façon autonome sans prise à proximité.
Ça ne l’empêche pas de bien fonctionner en extérieur pour autant. On l’a testé pendant la Coupe du Monde, installé dans le jardin avec quelques lumières parasites (lampadaire voisin, éclairage de terrasse), un drap tendu sur un mur en guise d’écran, pour regarder France-Paraguay. Aucun souci particulier, l’image reste lisible malgré les sources lumineuses environnantes, la source était la TV du salon relayée en Wi-Fi, et la soirée s’est déroulée sans accroc technique. C’est un vrai bon compagnon pour ce genre de moment convivial, à condition d’avoir une prise à proximité !
L’objectif Summicron : la différence est réelle et visible
C’est la vraie question qu’on se posait en recevant ce projecteur : est-ce que l’objectif Summicron fait une différence mesurable par rapport à un projecteur concurrent à 900 ou 1 200 euros ? La réponse est oui, nettement.
La netteté sur les bords de l’image est la première chose qui frappe. Sur un projecteur standard, les coins ont tendance à perdre en définition, notamment sur les grandes tailles de projection. Ici, l’image reste homogène du centre aux angles, même à 120 pouces. Le piqué général est d’un niveau qu’on retrouve habituellement sur des projecteurs deux fois plus chers. C’est le résultat direct de l’optique asphérique Summicron, conçue selon les standards photo Leica et non selon un cahier des charges de projecteur grand public.
La restitution colorimétrique est l’autre point fort. La couverture BT.2020 à 100% combinée au triple laser RGB produit des couleurs à la fois précises et naturelles. On n’est pas dans l’exagération saturée de certains projecteurs qui font “wow” à la première allumage puis fatiguent l’œil sur la durée. Le Cine Compact 1 produit une image qu’on peut regarder deux heures sans inconfort. Le traitement Leica Image Optimization intervient en complément pour affiner la restitution sans créer d’artefacts visibles.

Le Dolby Vision est pleinement opérationnel sur les contenus compatibles. La différence avec le HDR10 standard est perceptible sur les contenus Dolby Vision natifs car meilleure gestion des hautes lumières, noirs plus profonds, transitions plus naturelles entre zones sombres et lumineuses.
Le 4K XPR : très bon mais avec une nuance
Le 4K de ce projecteur repose sur la technologie XPR de pixel shifting. Ce n’est pas du 4K natif avec une matrice 3840×2160 réels. En usage courant, la différence avec un vrai 4K natif est imperceptible à distance normale de visionnage. Sur les contenus très texturés (interface d’un jeu, sous-titres fins, plans très détaillés), un œil exercé à moins de 2 mètres d’une image de 80 pouces peut percevoir une légère différence. En conditions réelles d’usage salon, c’est invisible.
La technologie DLP implique aussi un risque d’effet arc-en-ciel, ce phénomène d’irisations colorées perceptibles par certains utilisateurs sensibles lors de rapides mouvements oculaires. Sur le Cine Compact 1, la vitesse de la roue à couleurs est suffisamment haute pour rendre ce phénomène très rare. Ceux qui y sont particulièrement sensibles devraient tester avant achat.
Le ventilateur : une vraie réussite
Le bruit d’un projecteur laser est l’une des préoccupations légitimes à ce gabarit. La réponse du Cine Compact 1 est très bonne car le ventilateur est à peine audible en usage normal. Le niveau sonore officiel est inférieur à 29 dB, et c’est ce qu’on ressent effectivement. On l’entend si on est à moins de 50 cm du projecteur dans une pièce silencieuse. À distance normale de visionnage, il disparaît complètement dès que le son est activé. C’est une réussite acoustique notable pour une machine aussi compacte avec un système laser triple RGB.
A noter que le Cine Compact 1 est livré avec une valise de transport en mousse EPP. Pour un projecteur positionné comme solution nomade, c’est un vrai plus qui sécurise le transport entre deux pièces ou en déplacement.
VIDAA : fonctionnel, perfectible
Le système d’exploitation VIDAA U 9.6 embarqué dans la version française du Cine Compact 1 est une interface mature, développée par Hisense, partenaire technologique de Leica sur toute la gamme home cinéma. À noter que selon les marchés, le projecteur peut être livré avec Google TV à la place de VIDAA. En France, c’est bien VIDAA. L’accès aux principales applications de streaming (Netflix, Disney+, Prime Video, YouTube) est natif et fonctionnel. La connexion AirPlay 2 pour les utilisateurs Apple fonctionne sans configuration particulière. Le MEMC (compensation de mouvement) est intégré pour fluidifier les contenus à 24 ou 30 images/seconde. La télécommande Bluetooth/IR avec microphone intégré complète l’expérience de navigation.
Ce qui est perfectible, c’est la fluidité de l’interface dans les menus de paramètres, légèrement en retrait par rapport à une Apple TV ou un Google TV. Le temps de lancement des applications est correct mais pas instantané. Et les amateurs de personnalisation avancée trouveront les options de calibrage moins accessibles qu’espéré. Leica assume le positionnement car ce projecteur est fait pour ceux qui veulent allumer et regarder, pas pour ceux qui veulent passer une heure dans les menus !
Le gaming : une surprise !
La capacité gaming du Cine Compact 1 est une vraie surprise pour un projecteur de cette catégorie. La latence annoncée en dessous de 20 ms est tenue. En mode jeu, le ressenti est clairement différent d’un projecteur standard : les mouvements sont fluides, le lag de l’image par rapport aux actions est imperceptible. Le support jusqu’à 240 Hz en 2K ouvre la porte aux configurations PC gaming haut de gamme. Sur console, l’expérience est excellente. Jouer sur une image de 100 pouces avec ce niveau de réactivité, c’est un argument réel et différenciant.








































